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 Sur les pas de nos ancêtres

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MessageSujet: Sur les pas de nos ancêtres   Jeu 12 Mai - 12:48

Voilà bien quatre jours que nous marchions, Naeko, Yukimura et moi. Le voyage était rude, long et périlleux. Accompagner un aveugle à travers le monde, voilà une bien sotte idée. L’aider à se diriger nous avait fait perdre un temps précieux, mais après tout sa présence était indispensable. Nous nous reléguions la tâche avec Naeko une fois par heure : mine de rien, épauler quelqu’un en permanence était épuisant. Cela nous forçait également à faire de multiples pauses, plus que d’ordinaire. Les paysages croisés me rappelaient les moult aventures vécues au cours de ma vie… Et il y en avait eu ! Nous avions tout d’abord traversé le désert de notre nouvelle patrie, un segment que nous connaissions de mieux en mieux, mais qui demeurait le plus fatiguant. Ensuite, nous avions discrètement longé les frontières de pays neutres, dans lesquels la sécurité était moins renforcée que dans les pays où il y avait un grand village caché : Ame, Kusa, Taki… Nous aurions pu simplement passer par le pays du Feu, mais je n’avais pas l’envie de prendre le risque de croiser des troupes d’Aizen encore sur place ou qui se retiraient. La majeure partie du trajet avait été effectuée lorsque nous arrivâmes sur les littoraux du pays de l’eau chaude, non loin du méconnu village de Yu. Il ne nous restait plus qu’à trouver une embarcation afin de rejoindre un point précis dans les mers de Mizu : fort heureusement pour nous, Naeko se souvenait précisément de la localisation du domaine Esuki, ce qui nous permettait de ne pas progresser à l’aveugle… ironique, n’est-il pas ?

Cette excursion représentait beaucoup pour nous tous… Naeko et moi n’avions pas quitté le pays du Vent depuis que nous y étions arrivés. Après tout ce que nous avions vécu, à vagabonder à travers le monde, notre vie avait retrouvé un semblant de stabilité. Mais le destin avait décidé de pousser le vice une nouvelle fois en nous poussant à retourner sur nos terres d’origine. La raison de tout cela remontait à quelques semaines, lorsque mon cousin réveilla Yukimura, ce garçon que nous croyions mort depuis bien longtemps, gelé dans une prison éternelle. Il semblait avoir éveillé une particularité exclusive de notre patrimoine génétique : un Dojutsu. En effet, lorsqu’il l’activait, car il avait entre temps appris à l’activer de son propre chef, son regard devenait plus bleu que jamais, à la fois apaisant et perçant. Quels étaient ses pouvoirs ? Ses avantages ? Ses inconvénients ? Comment s'était-il manifesté ? Pourrait-il aussi apparaître en moi ? Nous espérions trouver des réponses aux questions qui nous taraudaient en nous rendant au temple de notre clan, où tout avait commencé… Pour ma part, je n’avais jamais vécu sur la grande île où avaient évolué nos ancêtres, mais je l’avais cependant vue dans mes rêves, à travers les souvenirs de ma soeur aînée Madoka. De ce que je savais, Naeko y avait grandi, et avait vécu sa déchéance, lorsque l’Enfant Maudit lui-même ensevelit l’île sous les flots infinis du pays de l’Eau. Quant à Yukimura, je n’en avais pas la moindre idée. Il était légèrement plus âgé que nous - du moins à l’époque où il n'avait pas encore séjourné dans un tombeau de glace le figeant dans le temps. Il avait donc peut-être vécu là-bas, mais ne nous en avait jamais parlé. Après tout, il se souvenait à peine de qui il était… ce n’était pas vraiment le moment de l’interroger sur des événements si lointains.




Ayant pris soin de nous reposer avant de pénétrer dans le village côtier près duquel nous étions arrivés - au cas-où on y croiserait un importun personnage -, nous décidâmes enfin d’y pénétrer. En nous approchant, nous pûmes lire distinctement sur un panneau en bois fragilisé par l’air marin «Village portuaire de Yunkai». Un nom rêveur qui me laissa le temps d’un instant m’échapper de la réalité, m’imaginant couler une belle vie au soleil, les pieds dans le sable, un cocktail en main. Mais voulais-je seulement d’une telle existence ? J’étais devenue à mon insu une femme d’action, gravitant autour des hautes sphères du monde. Je ne vivrai jamais dans la quiétude et la tranquillité, il était trop tard pour faire ce choix. Une voix brute avec un accent local très prononcé me ramena au présent :


- B’jour ma p’tite dame. Vous v’nez d’où ? Marchande ? Troubadour ? Ces gars-là sont vos serviteurs ? demanda avec curiosité le vieil homme adossé à une rambarde.

Nous avions tous pris le soin de dissimuler nos bandeaux frontaux. J’avais même caché ma chevelure blanche comme la neige sous un voile pour éviter que quiconque me reconnaisse : je ne cherchais pas les ennuis, uniquement des réponses. Dans un autre apparat, certains villageois m’auraient sans doute fait des courbettes, alertant involontairement toutes les autorités voisines que le bras droit du Kazekage et sa famille étaient en vacances au pays de l’eau chaude… Je pris un ton de voix limpide afin de déballer un tissu de mensonges improvisés.


- Bien le bonjour, mon brave. Nous sommes des chasseurs de trésor, venus de loin… Nous avons entendu parler d’un somptueux navire qui se serait échoué dans les mers de Mizu, et nous aimerions donc embarquer en mer afin de nous y rendre. Connaîtriez-vous un marin qui pourrait nous louer ses services ? De toute évidence, tous ceux qui nous aideront à atteindre notre objectif seront grassement récompensés. affirmai-je en souriant et en tapotant ma poche, faisant tinter le son clairvoyant de la monnaie.

D’un oeil intéressé, l’homme sénile me conseilla de me rendre au port et de parler à un certain Yukio, qui serait d'après lui le meilleur marin de Yunkai. Je sortis quelques ryôs de ma veste et lui en glissai dans la main, le remerciant également chaleureusement. Nous avançâmes davantage à l’intérieur du bourg, découvrant des maisonnettes en bois tout aussi abîmées que la pancarte d’entrée, creusées par les mites et noircies par l’iode. Malgré cet aspect précaire, il y faisait bon vivre : les marchands affichaient de grands sourires, les enfants couraient dans les rues jonchées de sable, un point commun avec le célèbre village d’où nous venions. Prenant la direction de la mer, me guidant uniquement du son caractéristique des vagues et de l’orientation du mistral, je fis une rencontre peu anodine au détour d’une rue : un jeune homme qui arborait fièrement le bandeau frontal du village de Yu me dévisagea d’un air suspect.




Il pouvait avoir reconnu mon visage : avec l’avancée technologique et la fragilité sécuritaire de Suna lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, des espions auraient très bien pu rapporter mon apparence. Je ne pouvais pas me permettre de le laisser s’échapper. Pourtant, je n’avais pas envie d’alerter les autres : leur affolement pourrait confirmer les soupçons de ce shinobi, et il pourrait prendre la fuite en le remarquant. Je devais agir de manière subtile.


- Les garçons, j’aimerais m’arrêter à cette boutique. précisai-je en pointant sommairement une enseigne du doigt. Mais je ne voudrais pas vous faire attendre : dirigez-vous au port et tâchez de trouver ce fameux Yukio. Je vous rejoindrai dès que possible.

Naeko s’apprêtait à me dire quelque chose du genre «Nous pouvons patienter», mais je le dissuadai de prononcer une telle chose en lui jetant un regard aussi froid que discret. Affichant une moue pour la moins dubitative, il finit par céder en emmenant Yukimura à l’écart. Pendant cet échange, le Yujin en avait profité pour continuer à marcher comme si de rien n’était. Je le pris en filature sans qu’il ne s’en aperçoive et attendis qu’il rentre dans une ruelle calme et sombre pour rentrer en action. Néanmoins, il finit par s’en rendre compte et se retourna en dégainant une poignée de shurikens qu’il me lança à toute allure. Son mouvement était net et rapide, et l’étroitesse du terrain ne me permettrait pas d’esquiver efficacement sa nuée de projectiles. Je devais composer différemment avec ces données : je levai mon bras droit et fis un mudra de ma main gauche. «Ren !»

Concentrant mon chakra sur le point d’impact, mes muscles furent renforcés, ce qui leur permit d’encaisser sans problème. Les shurikens ricochèrent dessus sans s’y enfoncer, sous le regard déconfit du shinobi inconnu. Il était habile de ses mains, mais encore très impressionnable. Puisqu’il se promenait seul en dehors de son village shinobi, je pariais sur un chuunin… Je devais ce jutsu défensif à Akira Hirano, un homme valeureux qui maîtrisait le Taijutsu mieux que n’importe qui d’autre à Suna. Désormais maître d’un dojo, il m’avait livré les secrets de sa technique au cours de la libération du village. Sans perdre plus de temps, je fonçai au corps-à-corps en utilisant la même technique : je concentrai cette fois-ci mon chakra sur le revers de ma main droite, puis lui assénai un coup vif, net et précis au niveau de la nuque. Sous le choc, le garçon s’évanouit. Il ne pouvait plus courir bien loin, c’était déjà une bonne chose de faite… Mais désormais, je me devais de modifier quelques éléments dans sa mémoire. Je m’agenouillai pour m’approcher de son corps inerte et composai une série de mudras avant de chuchoter :


- Kioku Kaizan…

Une dizaine de minutes plus tard, je rejoignis mes deux compères au port. Inutile de les mettre au courant : ce garçon de Yu n’avait désormais plus aucun souvenir de notre rencontre. J’avais également maquillé l’allée dans laquelle il gisait en éparpillant quelques cartons, ce qui lui ferait certainement croire à son réveil qu’il avait trébuché et s’était heurté la tête. Naeko et Yukimura semblaient discuter avec une belle femme laissant entrevoir sa forte poitrine. Yukio, hein ? Baka…
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MessageSujet: Re: Sur les pas de nos ancêtres   Jeu 19 Mai - 15:05

Je connais le monde et il me connaissait. Ces paysages m’étaient presque tous familiers et cela me rendait nostalgique. Au cours de mes aventures j’avais voyagé, des petits parcours ou de longues distances. Mes itinéraires n’étaient pas forcément préétablis, autrefois je laissais la vie me guider. De l’océan aux cascades, des cascades aux montagnes, des montagnes aux déserts, je connaissais l’infinité de ce monde. Partir temporairement au-delà des dunes de sable n’était pas un problème pour moi, l’extérieur me manquait cruellement. Se rendre au temple du domaine Esuki représentait une nouvelle étape dans ma vie et sûrement celle de mes cousins. Tout au long de ma jeunesse j’avais redouté le retour sur l’île de nos ancêtres, autrefois des souvenirs ensanglantés hantaient mon esprit.  En parcourant les terres en direction du pays de l’eau je me rendais compte que des espaces à travers le monde me provoquaient une soudaine angoisse passagère. Le sang coulait dans les cascades, il coulait le long des feuilles et aux pieds des montagnes. Le monde était pourpre, tout le monde le savait mais tout le monde ne voulait pas le voir.

A trois on traversait le continent à la recherche de réponses. Mes souvenirs nous indiquaient le chemin du temple Esuki qui était notre destination. Lorsqu’on parcourait les terres je ne pouvais m’empêcher de penser à l’héritage de notre clan. Toutes les constructions restantes de notre famille devait désormais reposer dans les abysses. Je me questionnais à propos du temple, de son état et de ce qu’on y trouverait. Je m’y étais rendu une seule fois avec ma mère, à ma connaissance des peintures recouvraient les murs de ce sanctuaire. Il était impératif de découvrir la nouvelle capacité de mes yeux afin d’en faire bon usage. En voyant Yukimura pendant notre trajet je me demandais à quel point la vie pouvait être étrange. M’offrir un don en rapport avec la vue alors qu’il venait de perdre la sienne était absurde.

Une fois arrivé à Yunkai on fit une courte pause pour chercher un moyen de transport. Ce lieu paradisiaque dans lequel régnaient les tentations. J’imaginais le quotidien des voyageurs ordinaires qui devaient s’égarer dans ce village portuaire, ils devaient tous profiter de la plage et des spécialités régionales. Je fantasmais à l’idée d’avoir le temps de me reposer, d’incarner une personne parmi tant d’autre et de jouir d’un anonymat complet. La vue de toutes ces personnes me m’agaçait parce qu’elles profitaient. Les trois Esuki que nous étions ne pouvaient plus goûter à cette vie là. L’un devait gérer un peuple, l’autre devait s’occuper de son soi intérieur tandis que le dernier se préoccupait d'une entité. Un peu après notre arrivée Yumi nous abandonna pour faire quelques courses, j’avais tord, peut être que Yumi ne pouvait pas s’empêchait de faire des achats. La règle de notre unité était de rester groupée. C’est ce que je faisais depuis des années en ne quittant pas ma cousine mais c’était elle qui enfreignait cette mesure de sécurité. Je n’avais jamais mont mot à dire, j’obéissais parce qu’elle avait certainement besoin d’un peu de liberté, d’intimité. De toute manière je ne réussissais jamais à briser sa persévérance, notre cousin l’avait forcément remarqué.
 
C’est à deux que nous arrivions au port, nous avions laissé la meneuse se promener. Chercher le soit disant meilleur marin des environs devait être facile. Je marchais le long du port avec mon cousin à mes côtés. Mon regard scrutait chaque navire pour tenter de deviner qui était ce fameux Yukio. Apparemment nous avions mal compris les informations qui nous avaient été donné. Alors que je cherchais un marin costaud, barbu et viril Yukio s’avérait être une femme. On se rapprocha d’elle pour aller l’aborder avec Yukimura.

- Dit, c’est moi ou elle exhibe sa poitrine ? Avec autant de volume dans un champ de vision il est impossible de la rater, sauf si on est aveugle, murmurais-je à mon cousin avant de me rappeler qu’il était aveugle.

Après avoir fait mes excuses à mon cousin je pris les devants pour nous réserver une place à bord du navire de cette femme.

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MessageSujet: Re: Sur les pas de nos ancêtres   Dim 22 Mai - 16:06

Nous voilà parti en quête de savoir, d'espoir et de renouveau. Yumi, Naeko et moi nous dirigions vers notre Terre natale, celle qui a vu naitre nombre de personnes appartenant à notre clan, les Esukis. Cette quête nourrissait l'espoir de retrouver, un jour, ma mémoire véritable. Celle qui révélerait au monde ma véritable identité, le réel moi. Cet ego se trouvait endormi au plus profond de mon être, emprisonné entre l'oubli et le souvenir. Durant ce périple sans fin, la chaleur, la fatigue, la soif serait mes pires ennemis, tandis que mes deux compères devaient à leur tour m'épauler, me guider, être mes yeux pendant ce voyage de grande envergure. Être aveugle n'était pas chose aisée, étant donné que les obstacles n'apparaissaient aucunement à ma vue. Les seules choses que je pouvais percevoir était le son de la nature et son odeur. Une fois à l'extérieur du territoire de Suna, il était plus facile de se mouvoir, car le sable nous ralentissait, nous épuisait. Pour moi, cette aventure était la première, depuis mon retour, sans que je le sache réellement. Mon état précaire ne présageait rien de bon pour l'avenir, je devais absolument me rééduquer afin de ne plus être un fardeau pour mes compagnons.

Après plusieurs jours de marche, nous étions enfin arrivé près du rivage, où le vent de la mer caressait nos visages. Notre cousine, Yumi, nous ordonnait, une fois sur les lieux, de retrouver ce marin-pêcheur prénommé Yukio. Un passant de la région nous avait conseillé ce dernier, étant donné son expérience sur le terrain maritime. Dès l'instant d'après, le bras droit du kazekage s'en allait faire quelques emplettes, me laissant en compagnie de mon cousin, Naeko, qui me guidait à travers la ville. L'ambiance paraissait festive et chaleureuse. Le soleil tapait sur mon visage, réchauffant mes membres. Malheureusement, je ne pouvais le voir, voir cette lumière qui illuminait notre monde. L'imaginer était chose aisée, mais l'apercevoir serait encore mieux. Une fois arrivé dans le port, Naeko nous arrêtait et semblait balayer de son regard les alentours pour apercevoir une personne au stéréotype marinier. Ce que nous ignorions, c'est que ce Yukio était en réalité une jeune femme. Son timbre de voix aigue ne trompait personne. Lorsque nous lui expliquions la situation, nous montions à bord de son navire, nous menant vers notre destination future, le temple des Esukis.

Yumi revenait aussi de ses affaires et à en juger par sa démarche et son timbre de voix, elle semblait agacer par quelque chose. Ne pouvant m'empêcher de le dire à Naeko, mon visage s'approchait de l'oreille de mon cousin.


- Pourquoi Yumi semble énervée ? Elle se serait accrochée avec une personne durant ses achats ? Ou alors elle a loupé quelque chose d'énorme... En tout cas, elle parait effrayante, je peux ressentir son aura !

J'essayais de détendre l'atmosphère en m'approchant de cette dame afin de pouvoir lui demander, poliment, un siège ou une chaise afin de pouvoir m'installer durant le voyage. Ne faisant pas attention et ne pouvant détecter les objets, je trébuchais sur une corde qui me fit tomber sur la poitrine de Yukio. Cette gaffe jetait un froid sur le navire et étant aveugle, je ne pouvais percevoir la réaction de cette femme. Pourtant, derrière moi, une autre personne s'agaçait de plus en plus, comme si un orage allait bientôt frapper le navire. Quelques gouttes de sueur gagnaient mon visage et je lançais un sourire nié pour éviter d'attiser le feu.

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"Tout retourne au néant...
Rien ne bouge et cette Terre blanche est la tombe de celui qu'on sait...
Celui qui a autrefois dominé les limbes...
Celui qui a amené en ce monde la mort, la terreur et le désespoir...
Personne ne devra salir ce lieu...
Sinon vêtu des flammes des lotus pourpres...
Le roi pourpre va revenir sur cette Terre et il anéantira tout...
"
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MessageSujet: Re: Sur les pas de nos ancêtres   Lun 23 Mai - 12:59

Je rejoignis vite mes confrères au bord de la mer, remarquant par la même occasion que celle-ci était aussi limpide qu’un verre d’eau. De mon souvenir, les eaux et les ports de Mizu étaient bien plus sombres que ça, pollués et souillés. C’était même une description fidèle du pouvoir en place à Kiri : pollué et souillé. Mais cela ne saurait durer… En m’y intéressant davantage, je découvris que cette femme aux atouts non-négligeables n’était autre que Yukio, le marin dont on avait entendu tant de bien. En mon esprit, seul un homme pouvait porter ce nom et défier les océans en tout temps. Mais ce monde permet bien à des femmes d’être Kazekage… alors pourquoi pas marin ? Je veillai à me présenter et à faire valoir mon pesant d’or.

- Bonjour, l’amie. Comme mes camarades ont dû vous le dire, nous sommes des explorateurs, des chasseurs de trésor, des dénicheurs de merveilles. Appelez ça comme vous voulez. Mon nom est Asami, lui c’est Dosan à l’oeil pâlot, et l’autre c’est Emon à l’oeil vide. affirmai-je en jetant grossièrement mon regard tour à tour sur Naeko, puis sur Yukimura.




Yukio mâchouillait une brindille jaunâtre, certainement ramassée dans les dunes qui entouraient Yunkai. Elle plissait les sourcils d’un air dubitatif et soupira, seulement l’espace d’un instant, un éclat de rire moqueur en entendant la description imagée que j’avais faite de nous. Elle ôta sa brindille de sa main gauche afin de pouvoir parler distinctement, faisant résonner une voix scintillante et amicale qui ne correspondait pas du tout avec sa façon de se tenir jusqu’à présent.


- Chasseurs ou pilleurs, riches ou démunis, la mer est la même pour tous : le somptueux soleil qui nous est offert n’a pas l’air de le présenter ainsi, mais une tempête se couve. J’hésitais justement à emmener mes pêcheurs en mer avec le raffut qu’a fait Celle À Qui le Vent Murmure.

Celle À Qui le Vent Murmure ? Il s’agissait probablement de la vieille dame du village, celle qui lisait dans les fonds de café et qui guérissait la fièvre. Dans d’autres circonstances, j’aurais beaucoup aimé la rencontrer. Mais nous n’avions guère le temps : chaque seconde passée en dehors de Suna était une occasion en or pour quiconque de l’attaquer. D’autant plus que notre système de sécurité n’était pas encore tout à fait au point… J’avais misé sur la bonne fortune en m’éloignant autant des terres que je dirigeais. Jamais la chance ne m’avait souri au cours de ma vie, alors j’avais osé espérer qu’elle tournerait enfin.

- Qu’importe. Nous devons à tout prix embarquer avant le zénith, et sans vos pêcheurs. Vous n’emmènerez que le strict minimum d’hommes requis pour naviguer sur les flots. Il se pourrait que vous ayez à y gagner beaucoup. Beaucoup plus que ce qu’une pêche miraculeuse vous aurait prodigué.

Je sortis alors une bourse bien chargée de ma tunique, celle-là même qui remontait jusqu’à mon visage pour voiler ma chevelure pure. J’étais prête à parier que Yukio n’avait jamais vu autant d’or dans les mains d’une seule personne. J’avais effectivement tapé dans mes économies personnelles pour ce voyage ; j’avais gagné cet argent à la sueur de mon front et au fil de mes missions. Chaque instant s’avérait décisif, je ne pouvais pas partir sans prendre le maximum de précautions. La femme forte qui nous faisait face, et qui était la seule de nous quatre à savoir manier un gouvernail, afficha une mine désemparée, comme si elle venait de voir un fantôme. Je m’attendais bien entendu à cette réaction : partout les temps étaient durs, et une femme du peuple ne pouvait pas cracher sur une telle somme. Elle savait que ses matelots rentraient chez eux bien trop tard, qu’ils n’avaient pas le temps d’expliquer les choses de la vie à leurs enfants, qu’ils ne pouvaient même pas offrir un repas digne de l’amour que leurs épouses leur portaient. Sans prendre la peine de ramasser la brindille qui jonchait le sable de sa salive, elle fit un geste avenant à ses subordonnés.

- Ma dame, je vous prie d’embarquer. Nous lèverons les voiles dès que vous serez prêts.

Quelques minutes plus tard, je scrutais le littoral qui s’écartait déjà à l’horizon depuis l’Impétueuse, le grand navire de Yukio. Nous étions loin de Yunkai, et encore plus de Suna. Mais nous nous rapprochions de notre objectif : le domaine de nos ancêtres. Naeko avait tracé aussi précisément que possible une croix à l’encre rouge sur la carte maritime de notre hôte. Celle-ci symbolisait évidemment notre destination, que Yukio nous avait promis d’atteindre en quatre heures. Au fil du temps, le beau ciel bleu avait cédé sa place à de grands nuages, d’abord d’un blanc nacré et innocent, ensuite d’un gris sombre et menaçant. La sage-dame avait donc raison… J’espérais de tout mon coeur que ma décision ne ferait pas sombrer sous les flots la dizaine de braves gens qui nous guidaient en leur sommet. La capitaine distribuait des ordres à tout va tout en gardant un regard inquiet sur sa carte. Très vite, une fine pluie vint l’humidifier, faisant couler le long du papier de minuscules gouttes. Mais à l’instar des nuages, l’averse devint plus sérieuse. La traversée fut rude, et Yukio nous avait conseillé de rester dans la cale pour être à l’abri. Je suspectais aussi qu’elle trouve notre compagnie dérangeante en cette véritable crise de manoeuvres, ce que je ne pouvais que trop bien comprendre.




Mais la tempête choisit de frapper, et de frapper fort. Alors que nous étions assis contre de solides poutres, nous les sentîmes trembler sous la pression environnante. Nous entendîmes également le tonnerre gronder, faisant écho à la culpabilité qui me rongeait : aurais-je dû attendre un jour plus propice à la navigation, pour notre propre sécurité autant que pour la leur ? Il était trop tôt pour savoir, mais il s’agissait une fois de plus d’un pari risqué. Et comme vous le savez déjà, je n’ai pas l’habitude de compter sur ma chance. De plus en plus inquiète, je demandai à Naeko et Yuki de rester assis tandis que je choisis de remonter seule les marches qui nous séparaient de la surface. Le vent frais mêlé aux trombes d’eau qui frappaient tout mon être me glaça les sangs. Par moments, j’avais l’impression que le souffle des mers était assez fort pour que je m’envole. D’ailleurs, mon voile n’avait pas tenu sur ma tête et battait au rythme du vent sur mes épaules. Ma longue chevelure agissait pareillement, illuminant presque de sa blancheur l’obscurité du désarroi maritime, tel un phare. Les yeux plissés et dérangés par certaines mèches rebelles, j’observai un à un les membres de l’équipage en m’accrochant solidement à une rambarde. Dans mon dos, un cri de terreur perça le son tumultueux du chaos.


- Un homme à la mer ! Un homme à la mer !

Comme beaucoup d’autres, je me hâtai de rejoindre l’origine de cette plainte, bien que freinée par le vent violent qui me poussait dans l’autre sens. J’aperçus alors au milieu des vagues torrentielles un des matelots de Yukio qui peinait à nager pour sa vie. Personne ne savait quoi faire, car le navire s’écartait à une vitesse phénoménale de cet homme plus grand que moi, et pourtant si petit comparé à l’immensité de l’océan. Nous n’avions ni le temps de lui jeter une corde ou une bouée, ni le temps d’immerger une barque d’appoint pour le secourir. Je n’avais plus le choix. D’un murmure indiscernable, je prononçai :

- Fuuton : Kouha Hane…

Tous les autres avaient jeté leur dévolu sur l’indifférence. Non pas qu’ils n’étaient pas attristés par cette perte, mais qui étaient-ils donc pour défier la nature ? Personne. Mais moi, j’étais quelqu’un. J’avais moi-même défié la mer de mon insouciance pour accomplir cette destinée personnelle, et je ne pouvais pas me permettre de laisser couler. D’un geste grandiloquent, j’envoyai mes bras en direction de l’abandonné. Celui-ci se mit alors à voler au-dessus des rouleaux d’eau, rejoignant à grande vitesse l’embarcation, comme s’il n’était plus victime du vent. Lorsqu’il posa pied sur l’Impétueuse, je baissai mes bras, mettant fin à ma technique. Si certains estimaient que Celle À Qui le Vent Murmure était une sorcière, que devaient-ils penser de Celle Qui Fait Plier le Vent ? Yukio ne leur laissa pas le temps de rester rêveurs et bouches bées. Tout le monde regagna vite son poste afin de vaincre la tempête. J’étais restée parmi eux, tentant de les motiver par mon unique présence. Et cela fit à mon humble avis son petit effet : aucun d’entre eux n’avait envie de s’envoler par-dessus bord après m’avoir énervée en échouant. Une vingtaine de minutes plus tard, nous étions venus à bout de ce vacarme. La mer avait regagné un semblant de tranquillité et chacun pouvait s’entendre de nouveau. Affichant tous un air soulagé, ils me regardaient néanmoins curieusement. Je pouvais entendre des messes-basses comme « sorcellerie », « ninjutsu », « magie noire »… Personne ne savait réellement de quoi il en retournait.

Nous finîmes par arriver à destination. Enfin, c’était ce que Yukio affirmait : depuis la surface, rien ne laissait penser que ce lieu abritait les ruines d’une civilisation passée. Pourtant, je la croyais dur comme fer. Cette dure épreuve que nous avions partagée avait fait éclore entre nous deux une confiance aussi tacite que mutuelle. J’étais redescendue chercher mes cousins, qui nous avaient rejoints sur le pont supérieur. Bien que certains marins vaquaient à leurs occupations diverses et variées, la plupart se plaça en arc-de-cercle, non loin de nous, décidément très curieux de la manière dont nous allions descendre. A vrai dire, même Naeko et Yuki devaient être sceptiques. J’avais, conformément à mes habitudes, potassé ce plan seule. Il impliquait l’utilisation de mes talents de ninja, ce que j’aurais
a priori dû dissimuler à mon entourage. Mais ça, c’était avant de leur faire une petite démonstration de mon Fuuton… Je n’avais donc plus grand chose à leur cacher, à mon grand dam. Composant quelques mudras, je tus mon incantation. Ils n’avaient pas besoin d’en savoir plus que ce qu’ils savaient déjà, après tout. «Fuuton : Ni Kisoku» !

Un torrent d’air apparut alors autour de nos têtes d’Esuki. Agissant à la manière d’une bulle, ce jutsu créait une cellule d’air qui nous permettrait de ne pas avoir de problème d’oxygène pendant notre plongée. Je proposai à Yuki de se cramponner à Naeko, puis nous sautâmes par-dessus bord, laissant derrière nous un équipage probablement abasourdi. Naeko se servit ensuite de son bijuu pour nous emmener en profondeur à grande vitesse. Rapidement, nous aperçûmes de grandes stèles. Tous ces débris devaient certainement faire remonter en Naeko de profonds souvenirs. Quant à moi, certains me rappelaient vaguement ceux que j’avais aperçus lors de la vision que m’avait offerte Madoka en rêve. Nous dûmes nager quelques minutes avant d’enfin mettre la main sur le bâtiment pour lequel nous étions venus : le temple. L’intérieur était somptueux, chaque détail semblait avoir une signification. Il était incroyable de constater qu’il avait, malgré quelques érosions, traversé les époques sans grand changement. Un peu comme nous finalement : notre innocence s’était érodée, faisant de nous ce que nous étions aujourd’hui. Des hommes pas si différents de ce qu’ils étaient hier.




Nous nagions avec difficulté au travers des grandes salles de ce somptueux monument. Après tout, nous n’étions pas tellement habitués à explorer des fonds marins. Et ma dernière baignade en eau profonde remontait à très longtemps… Mais nous parvînmes à arriver dans une grande salle, qui semblait être la pièce principale. Les murs tout entier étaient recouverts d’inscriptions et d’étranges symboles que je n’arrivais pas à comprendre. S’agissait-il des secrets de notre clan ?
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MessageSujet: Re: Sur les pas de nos ancêtres   Ven 27 Mai - 23:54

Le voyage familial c’était transformé en péripétie et le calme en tempête. Cela ne m’étonnait pas, je connaissais la nature, je savais à quel point elle aimait s’acharner sur les petits êtres que nous étions. Ce n’était pas mon premier voyage dans un tel navire j’avais navigué à de nombreuses reprises sur l’océan. J'avais eu le droit à quelques mésaventures comme de multiple naufrages, cela faisait de moi un miraculé et j'en ressortais confiant. La peur ne m’envahissait pas, ce qui n’était pas forcément le cas de mes cousins. Ils étaient à mes côtés dans la cale du bateau lorsque les vagues commençaient à s’abattre sur la coque. Se faire engloutir dans les abysses n’était sûrement pas une option que le reste de l’équipage envisageait. Tous travaillaient au dessus de nos têtes afin d’arriver à destination mais ils étaient impuissant. Je le savais et Yumi le savait. Elle avait réduit leur effectif ce qui était nécessaire pour plusieurs raisons dont notre discrétion. Un choix primordial qui nous avait mis en danger, les secousses qui nous bousculaient de droit à gauche indiquaient que le bateau était prêt à chavirer. C’est sans attendre que notre cousine s’en alla aider nos camarades et cela ne m’étonnait pas d’elle. Il ne restait plus que moi et Yukimura. Lorsque son nom me venait à l’esprit ou lorsque je croisais son regard je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir l’incarner. Je souhaitais être à sa place afin de ressentir ce qu’il traversait pour pouvoir le comprendre. C’est en me posant un tas de questions à son propos que notre conversation précédant le départ me vint à l’esprit.

- Par rapport à tes interrogations de tout à l’heure, tu poses de bonnes questions. A ma connaissance je te répondrai en te disant que Yumi est une personne qui aime le contrôle, actuellement elle vit pour ça. Il suffit de voir son arrivée à Suna, en quelques temps elle est parvenue à y remettre de l’ordre, ce que d’autres n’auraient pas pu faire.

J’avais capté son attention, il m’écoutait attentivement. Ce que m’avait fait remarquer Yukimura auparavant était intéressant. Il avait dit avoir ressenti l’énervement chez notre cousine.

- C’est tout à fait normal de la voir piquer une crise de temps en temps mais pas pour de simples achats en tout cas. Si ça ne te dérange pas j’aimerai que tu la surveille mais pas de la même manière qu’un ninja lors d’une mission. Il faut qu’on soit là pour elle tout comme elle l’est pour nous, Yumi donne bien plus qu’elle ne prend alors on doit équilibrer la balance. C'est nécessaire.

Parler au nouveau venu me faisait du bien. J’étais sincère avec lui et je ne voulais pas le déstabiliser ou l’inquiéter mais juste lui partager mes impressions. Cela nous avait permis de démarrer un dialogue. Notre cousine qui était l’héroïne du navire vint nous chercher dès la fin de la tempête, elle ne portait plus son voile qui servait à camoufler son identité. Quand elle posa son regard sur moi je ne pouvais pas m'empêcher de lui adresser un sourire qui voulait à peu près tout et ne rien dire. J’étais content de voir qu’elle avait maintenu tout l’équipage en vie, content de voir qu’elle-même était saine et sauve et bien plus que satisfait de ne pas avoir subit la violence de mère nature. Lorsqu’on m’annonça qu’on venait d’arriver à destination j’eus un pincement au cœur. Il n’y avait rien autour de moi, rien qu’un océan. C’était normal étant donné que l’Enfant Maudit avait englouti le domaine mais au fond de moi j’avais espéré voir quelque chose. Notre mission me paraissait presque échouée, je ne comprenais pas comment il était possible pour nous trois de s’enfoncer dans l’océan.

- Si tu me donne le contrôle je peux vous y emmener, me chuchota mon démon intérieur.

La tortue à trois queues communiquait de moins en moins avec moi, sûrement parce que j'avais pris la décision de m'installer à Suna. Je devais être pour cette entité le pire hôte possible, aucun maître censé menait un animal aquatique dans un espace de sécheresse. Ce froid qui c'était récemment instauré entre elle et moi n'était pas une menace pour notre relation. En devenant le refuge de cette bête je faisais face à sa naïveté et sons sens de l'humour particulier. Il était clair que sa proposition idiote n'était qu'une simple manifestation afin que je n'oubli pas son existence qui cohabitait avec la mienne.

- Tu crois vraiment que tes vielles embuscades vont marcher sur moi ? Allons, on a grandit ensemble durant quelques années, je ressens ton besoin de parcourir les océans mais tu sais très bien que tout ce que je fais est dans l'unique but de te protéger. De plus, je n'ai pas besoin de te laisser la procession de mon âme pour utiliser tes capacités afin de nager.

Sanbi venait de me faire penser qu'atteindre les fonds marins était tout à fait possible pour moi, j’en étais capable grâce à la bête qui vivait en moi mais les deux autres Esuki ne possédaient pas d’atout similaire. C’est ce que je croyais jusqu’à que notre déesse du vent, Yumi, exécuta une technique inédite.

- Fuuton Ni Kisoku

Ce jutsu créa des bulles d’air pour que l’on puisse respirer sous l’eau. Je pris en charge la suite du trajet en transformant partiellement mon corps en celui de l’entité qui vivait en moi. Etant dans l’eau je ressentais un besoin de nager qui n’était pas le mien, pour Sanbi c’était une nécessité mais il était impensable de lui laisser le contrôle. Arrivée sur place je pus remarquer les ruines du village. Tout me semblait fragile mais éternel. Je nageais au milieu des restes d’une civilisation, de ma civilisation. Des images douloureuses apparaissaient à mon esprit : je ne pouvais pas oublier les cris des habitants, les pleurs des enfants. Même si notre territoire n’était plus le même, les bâtiments restants étaient là pour me rappeler qui j’étais et qu’est ce que j’avais vécu.

Une fois au temple cette souffrance fut remplacé par de la curiosité. En m’approchant de plus près du temple un souvenir lointain fit surface. Lors de mon enfance j’avais ramené chez moi une pierre du sanctuaire sur laquelle se trouvaient de vieux dessins. Ma mère n’avait jamais voulu m’expliquer ce que ce bout de fresque représentait. Je me sentais idiot de ne pas y avoir pensé plus tôt. La nostalgie de ce fantasme laissa place à la réalité. Parcourir l’immensité de l’édifice nous avait mené à rejoindre une grande salle. Celle-ci était recouverte d’inscriptions étrangères. Ayant parcouru une grande quantité de pays je pensais avoir tout lus en terme de langage mais celui-ci me semblait étranger. Tout comme mes compagnons j'avais prisl’initiative de m’approcher des écritures afin de les étudier et après un palpitèrent de paupière il y eut un changement soudain face à moi. Chaque gravure présente dans la pièce devenait lisible, une communication venait de s’établir. J’en étais tellement étonné que ma lecture commença à voix haute sans pour autant avertir ma famille de ce qu’il venait de se passer.

- Si vous lisez ces lignes, votre pupille s’est réveillée. Vous êtes désormais un authentique Esuki. De ce fait, vous êtes en droit de connaître mon histoire. Votre histoire. Je me prénomme Hiroshi Esuki et je suis le fondateur de ce clan. Bien avant d’arriver sur cette île en compagnie de ma femme, j’appartenais à une autre famille, les Yuki. Malheureusement, ceux-ci m’ont chassé à cause de mon caractère… changeant. J’ai effectivement commis l’irréparable en tuant de sang-froid un des leurs. Cependant, j’ai décidé de me repentir en construisant ce temple. Ces salles me servent à méditer, à faire la part des choses entre le bien et le mal qui cohabitent en mon sein. Tel le Yin et le Yang, je suis un être divisé. J’ai bien peur que cette dualité ne se retranscrive dans ma descendance, et ceux qui exprimeront le gène de la glace hériteront peut-être par la même occasion d’un de mes pôles. Voire peut-être de ma dualité tout entière.
Quoi qu’il en soit, mes méditations et ma sagesse intérieure ont fini par développer en moi un oeil étrange… Une pupille qui insuffle la vie à la glace. Je l’ai appelée le Shimogan. J’écris actuellement en gardant ce Dojutsu actif, une façon de coder mon savoir. Il ne faudrait pas que les civils du clan qui visitent le temple lorsque je n’y suis pas y découvrent cette étrange vérité. Je considère ces murs comme un journal intime. Mais si le Shimogan venait à apparaître chez un de mes descendants, alors il pourrait certainement lire ce que j’écris ici. Qui sait, peut-être que personne d’autre que moi n’aura l’occasion de comprendre ces inscriptions.
De plus en plus à travers le monde, le Hyôton est considéré comme tabou. Pourtant, au même titre que tous les Yuki, je le maîtrise. Je n’en ai pas encore fait part à ma nouvelle famille, je n’ai pas envie de les confronter au regard des autres… Peut-être que je le regretterai un jour. Mais si la conception du Hyôton venait à changer, j’aimerais laisser un patrimoine aux Esuki de demain… Voilà donc le secret de la technique du clan Yuki, les démoniaques miroirs de glace…


Je marquai une pause dans ma lecture afin de lire le passage suivant en boucle dans ma tête. Cette lecture intérieure était obligatoire afin de mémoriser le procédé. L’environnement ne me permettait pas de retranscrire les paroles d’Hiroshi Esuki. Ce moment était historique pour nous trois mais pas pour la quatrième personne qui nous accompagnait.

- Tu pense réellement tout retenir ?

Je n'avais donné aucune réponse à la tortue pour que je puisse me concentrer sur la tâche qui m'était destinée. Je repris la lecture du discours après avoir mémorisé les différentes étapes d'apprentissage de la technique.

- J’ai fini par pactiser officiellement avec des amis rencontrés lors d’un ancien voyage. Les pandas d’Enkei no Tairiku. Ils sont de fervents compagnons, mais je ne peux prendre le risque de les invoquer au domaine, ni de parler d’eux aux autres shinobis du clan : certains d’entre eux maîtrisent également le Hyôton, cela pourrait éveiller des soupçons. Néanmoins, tout comme la technique du Makyô Hyôshô, j’aimerais faire de ce pacte mon héritage. Ainsi seul le chakra d’un Esuki véritable pourra desceller le pacte d’invocation de cette stèle.

La condition nécessaire afin de desceller le pacte était présente, j'étais le seul Esuki à posséder un Shimogan actif et pour cela notre fondateur me considérait comme authentique. Sur une stèle, en dessous de quelques instructions, se trouvait un emplacement pour y insérer une main. Lorsque je le fis une partie de mon chakra fut drainé et un parchemin apparut. Aussitôt apparu je le pris dans ma bulle d'air avant de me retourner vers mes compagnons.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Sur les pas de nos ancêtres   Ven 10 Juin - 15:34

L'aventure de notre groupe allait enfin pouvoir prendre son plein envol. En effet, le navire, avec son équipage, quitta le port en direction de notre lieu tant attendu, du commencement de ma quête vers la recherche de la vérité perdue. Cette île, ce lieu dont m'avaient souvent parlé Naeko et Yumi était notre Terre natale, celle qui nous avait sûrement vu naitre. Cette aventure à la fois réelle et utopique me fit esquisser un léger sourire de mon visage d'aveugle. Dehors, les marins s'agitaient de plus en plus à l'approche d'une tempête. Assis près de mon cousin, Naeko, nous pouvions tous deux entendre les directives du capitaine de ce bateau. Notre chère Yumi, quant à elle, nous avait impérativement interdit de bouger des dessous du navire, afin de nous protéger de cet ouragan. N'ayant pas beaucoup d'expérience en mer, je pouvais malgré tout deviner que mère nature n'était pas des plus dociles et douces avec les divers formes de vies qui pullulaient la planète. D'une violence arbitraire, elle semait le doute, la peur et la tristesse dans les cœurs d'êtres fragiles tels que nous. Cependant, un ninja de la trempe de cette fille ne pouvait se laisser abattre par une vulgaire tempête. Je me doutais de ça, mais mon esprit était moins présomptueux. Quant à Naeko, il ne semblait pas inquiet et éprouvait une confiance aveugle en sa compagne.

Le temps avançait et laissait des séquelles, pourtant, dès la fin de cette audacieuse tempête. On put percevoir le soulagement et l'accalmie sur le navire. Naeko, d'une poigne forte, m'entraina sur le pont supérieur du navire, afin de pouvoir retourner auprès de notre chère cousine, qui avait sauvé la situation et la vie des passagers de cet ouragan. Les ninjas et les hommes semblaient si faible et peu résistant durant leurs combats face à Mère Nature. Cette dernière était assez forte pour produire et reproduire d'immense catastrophe, pouvant tout détruire, la vie, les sentiments et produire de la peur en chacun d'entre nous. En revenant en haut du navire, les paroles de mon cousins, Naeko me revenait à l'esprit. Ce dernier souhaitait que je garde un oeil sur Yumi, mais pas de la même manière qu'un ninja devrait le faire ? Je ne me doutais pas que ces deux êtres me portaient haut dans leur cœur et se reposait, l'air de rien, sur mes frêles épaules. J'esquissais un léger sourire en repensant à tout ceci. Et en parlant tout seul, je me disais que je n'allais pas surveiller Yumi, mais les deux âmes qui m'aidaient. Nous arrivions enfin à destination, d'après les dires des marins. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit pour en savoir plus sur ce lieu, notre cousine enveloppa nos visages d'une sphère nous permettant de respirer sous l'eau. Cette technique produisait une bulle, retenant prisonnier l'air dans cet infime espace.

Afin de pouvoir me guider dans l'océan, dans cette immensité aquatique, Naeko me porta sur ses épaules afin que je sois en sûreté et qu'il puisse aisément m'amener au lieu promis. Notre périple prenait une tournure un peu particulière, car sonder les océans n'étaient pas chose facile, nous ne connaissions pas les monstres qui pourraient s'y trouver. Une fois dans l'immensité océanique, nous ne pouvions plus rebrousser chemin, car notre but, notre eden se trouvait plusieurs mètres sous cette couche d'eau. Les battements de mon cœur accélérait de plus en plus, car dans mon esprit, cet endroit était sombre et froid. La lumière était difficile à trouver dans l'océan. Cette sensation de solitude me fit trembler et m’apeurait. Mon esprit, mon âme, mon être ne souhaitaient plus connaitre ces ressentiments angoissants. Mes mains se resserraient de plus en plus contre les épaules de mon cousin, qui devait ressentir ce vide et cette peur en moi. Quelques minutes passèrent et nous atteignions déjà les profondeurs de l'océan, là où la lumière peinait à pénétrait. D'une voix faible, à cause de la masse aqueuse, la voix de Naeko pénétrait mes oreilles, laissant paraitre un texte qui parlait de notre clan, des Esukis. Après que mon cousin est lu ces paroles, pleines de sens, que je comprenais facilement, je m'approchais de cette stèle qui se tenait fasse à nous. Yumi, ainsi que Naeko souhaitait me retenir afin que je ne force pas sur mon faible corps. D'un geste certain, je leur fis comprendre que je voulais avancer moi-même.


- Yumi... Naeko... Je vais essayer de ne plus être un poids pour vous. Je dois avancer à mon tour.

Ma main vint se poser sur cette stèle, sur un mot précis, par coïncidence, le mot shimongan. À ce moment précis, j'eus une vision, suivi d'une énorme douleur à la tête qui me fit perdre connaissance l'espace de 10 secondes. Avant de partir quelques secondes, ma main se posait sur ma tête, me tordant de douleur. Mon esprit sombrait, alors, dans un vide l'espace de quelques instants. Une énorme porte fit son apparition, face à l'être que j'étais. Cet édifice était noir, comme les ténèbres, froid comme la glace et effrayant. Des deux côtés de cette porte se tenaient deux ombres, qui étaient difficiles de distinguer. Les silhouettes étaient à la fois familières et étrangères. Puis... Plus rien, je pouvais entendre les voix de mes deux partenaires qui m'interpelaient pour revenir avec eux, savoir ce qu'il m'arrivait. La seule réponse que j'eus était un mouvement de tête, signifiant que j'allais bien. Après m'être remis de cette escapade, nous continuions notre périple...

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"Tout retourne au néant...
Rien ne bouge et cette Terre blanche est la tombe de celui qu'on sait...
Celui qui a autrefois dominé les limbes...
Celui qui a amené en ce monde la mort, la terreur et le désespoir...
Personne ne devra salir ce lieu...
Sinon vêtu des flammes des lotus pourpres...
Le roi pourpre va revenir sur cette Terre et il anéantira tout...
"
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