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 Vacuité

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Yumi Esuki
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MessageSujet: Vacuité   Jeu 9 Mar - 22:11

Ennuyeux. C’était le meilleur terme que j’avais trouvé pour décrire ce village pittoresque au beau milieu de la forêt. Son sentier de terre claire, sa barricade et ses maisonnettes en bois, ses enseignes minimalistes… Rien n’échappait au stéréotype du bourg isolé. Mais ce qui m’ennuyait le plus ici, c’était la solitude. Si ce n’est la jeune Mitsubachi, je n’avais pas parlé à quelqu’un depuis un moment. Quelqu’un encore vivant pour s’en souvenir, je veux dire. Peut-être devais-je me fondre dans la masse civile, qui de prime abord semblait tout aussi lassante que l’allure du coin. Mais faisons abstraction des préjugés. Qui sait ? Peut-être ferai-je une trouvaille intéressante. Encore bien à l’écart du reste du monde, dissimulée dans les feuillages de l’arbre le plus proche des palissades, je ramenai mes mains entre elles pour former un mûdra. J’activai ainsi une technique, certes rudimentaire, mais des plus efficaces auprès de la populace : la métamorphose.

Je quittai mes attraits de femme mûre au décolleté généreux pour en gagner des plus modestes et passepartouts. Un chapeau de paille - décidément, ils m’obsédaient ! - surplombait mon visage fin, occultant par la même une chevelure brune tressée retombant sur mes épaules. Ces dernières étaient aussi légères que mes membres supérieurs, renforçant mon aspect juvénile. Je portais une robe de marche vert pomme qui épousait à merveille mes jambes sveltes nues, et qui rappelait les nuances de la verdure du printemps. Tout cela magnifié par des ballerines à rubans. Je dégageais naturellement une insouciance et une innocence qui feraient baisser la garde du plus méfiant des hommes. Et il n’en fallait pas autant pour que la surveillance de l’avant-poste me laisse passer en me gratifiant d’un sourire béat.

Quelques mètres après l’entrée du village, je tombai sur une taverne dont les portes ouvertes laissaient s’échapper une odeur de nourriture assez brute, mais attirante. Je me laissai tenter, découvrant un intérieur assez sombre faiblement éclairé par les rares fenêtres taillées dans le chêne. Je sondai la pièce d’un bref coup d’oeil, celui-ci s’arrêtant un instant sur les individus présents. D’abord le gérant, il essuyait des verres humides à son comptoir, devant une cuisine qui débordait d’action à en croire les incessants bruits de ferraille qui en filtraient. Ensuite une fillette à lunettes assise seule à une table en coin, qui s’occupait en jouant au shôgi - oui, elle jouait pour les deux camps en même temps. Enfin, un homme en kimono beige qui lisait un papier chiffonné en sirotant un verre de sake. Je décidai de m’approcher de ce dernier en prenant soin de mettre en valeur mon élégance et mon charme. Il leva le nez de sa lecture, d’un air intrigué puis rapidement intéressé. Je ponctuai mon regard honnête de quelques mots.


- Puis-je m’assoir en votre compagnie, monsieur ?

Il ne se fit pas attendre pour répliquer :

- Bien sûr mademoiselle, allez-y ! Il marqua une courte pause avant de reprendre. Je ne crois pas vous connaître… Qu’est-ce qui vous amène ici ?

- Oh, je suis une voyageuse itinérante d’un pays lointain. Je n’ai pas réellement d’attaches, alors je me plais à découvrir de nouveaux endroits.

Quelques verres plus tard, la conversation était devenue moins formelle.

- Le métier de commerçant ne doit vraiment pas être de tout repos ! Vous en avez du courage, Kazuki-san. Les affaires se portent bien ?

- Oh, vous savez… hic… Pas trop ces derniers temps. Je n’ai plus tellement de client ici, alors je suis forcé de commercer avec les autres villages. Transporter la marchandise a un coût, mais ce n’est rien… hic… comparé au gang de criminels qui pillent mes biens une fois sur deux ! J’ai beau payer des gardes pour assurer le transfert, ils se font massacrer à cause du surnombre. Avec tout ça, je suis même obligé d’envoyer ma marchandise en pleine nuit ! Le prochain trajet est ce soir, j’espère que tout se passera bien… Si ça continue comme ça, je ne vais pas tarder à… hic… faire faillite. termina-t-il d’un ton maussade.

Parfait. Après avoir fini mes amuse-gueules, je conclus la conversation de la manière la plus polie qui soit, lui souhaitant bien du courage. J’avais finalement trouvé de quoi m’occuper ! Je passai le reste de la journée à analyser la topographie des lieux et des alentours tout en me faisant la plus petite possible. Je payai une chambre à l’auberge du coin, et, une fois la nuit tombée, je me faufilai à travers la fenêtre, telle une ado qui fait le mur. J’avais mis fin à ma technique de métamorphose, me permettant une fois de plus de passer pour une parfaite inconnue. Dans une commune aussi petite, cela aurait attiré l’attention en pleine journée. Mais à cette heure-ci, plus personne ne circulait dans les rues. Un silence presque parfait s’était installé, périodiquement perturbé par les hululements des hiboux, mais surtout par la garnison de soldats qui s’apprêtait à sortir du village, prêts à escorter la caravane du vieux Kazuki. Mon étude d’une carte dans l’auberge m’avait permis de déterminer la localité la plus propice à une embuscade sur le chemin entre ce village et celui qui serait livré ce soir. Résultat : un vieux pont en pierre, le seul qui restait d’une période plus ancienne où les habitants de la forêt utilisaient les roches des fonds des lacs pour bâtir leur architecture. Je penchai la tête d’un côté et tapai d’une main mon oreille, comme pour faire sortir de l’autre tout ce savoir obsolète… Maudite Yumi !

Avant de quitter ce village que je ne reverrai certainement jamais, je tenais à emporter un petit souvenir. Je passai ainsi par la porte qui donnait sur l’arrière-boutique du commerce de Kazuki pour y pénétrer par effraction. Je détaillai son inventaire sans que quoi que ce soit n’attire particulièrement mon attention… rien sauf un masque. Assez classique, il était uniformément blanc, à l’exception de deux pois rouges placés symétriquement au-dessus des fentes laissées pour les yeux. Je m’emparai de cette petite perle, décidant d’en faire mon second visage. Quelques instants plus tard, j’exploitais déjà mes compétences de ninja aguerri pour dépasser avec aise la caravane qui venait de partir, et ce sans attirer leur attention. Objectif : atteindre ce pont avant eux. A en juger par leur rythme, cela ne devait pas se montrer trop complexe. Quelques enjambées véloces par-dessus les pics sylvestres suffirent. Lorsque le cours d’eau fut en vue, je ralentis le rythme afin de ne pas entrer dans le jeu de ces loubards. A l’inverse, je mis en application mes derniers apprentissages pour les repérer.


~

- Kazekage-sama ? Quelle surprise de vous voir ici…

- Oui, notre dernière rencontre remonte à un certain temps, mon amie. Mais je ne suis pas là pour bavarder, Kome. Cette histoire de culte m’a fait réaliser une chose : lorsqu’il s’agit de flairer le mal, je dois toujours compter sur les autres. Mais c’en est fini. Je veux que tu m’apprennes l’art sensoriel.

La jeune fille parut estomaquée par la nouvelle. Devoir enseigner à un supérieur hiérarchique, qui plus est le plus haut placé de son pays, devait faire peser sur ses épaules une sorte de pression. Heureusement, je sus mettre à l’oeuvre mes atouts de communication pour la rendre à l’aise. Quelques heures plus tard, je portais déjà le kimono de son dojo, les yeux fermés, tentant de ressentir les présences environnantes. Mais je n’arrivais même pas à sentir une aveugle.

- Tu ne caches pas ton chakra, promis ?

- Bien sûr que non… reprit-elle en laissant échapper un ricanement.

Il me fallut plusieurs heures avant d’arriver à un résultat.


~

Un. Deux. Trois. Quatre… Cinq. Non, six. Seulement une demi-douzaine ? Je m’attendais à mieux pour une confrérie de crime organisé. On fera avec. Sentant leur présence comme on sent la peste émaner d’un cadavre bubonneux, je remarquai vite qu’ils s’étaient séparés, se positionnant à des endroits tactiques afin d’attaquer au mieux la caravane. Dommage, ils n’en auraient pas l’occasion. Méthodiquement, j’assommai chacun d’entre eux, leur laissant à peine le temps d’exprimer un soupir. Quelques temps plus tard, ils se réveillèrent, amassés en tas comme du vulgaire bétail, bien à l’écart du pont qui avait vu passer les marchandises de Kazuki depuis un moment.

- Travaillez pour moi ou mourrez.
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