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 Pierre, feuille, ciseaux [P.V. Yura & Shiro]

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MessageSujet: Pierre, feuille, ciseaux [P.V. Yura & Shiro]   Ven 15 Mar - 10:42

« Joyeux anniversaire Nako, joyeux anniiiiiiveeeeeeeersaiiiiiiiiiire… »

L’ambiance est chaleureuse en cette fin de semaine. Le soleil embrase l’horizon en signe de cadeau d’adieu et ses reflets d’or traversent les fenêtres de l’auberge, les filaments de lumière se manifestant au minois de l’enfant aux cheveux d’ébène. Certaines tablées environnantes se sont jointes au chant, tandis que d’autres demeurent en silence, en un vœu de calme.

Le sourire, c’est un joyau du monde. Voir ce petit bout de chou, malgré le côté répugnant des restants de riz coincé entre ses dents de lait apporte un certain baume au cœur à sa famille. Pour moi aussi, à vrai dire. Au-delà de l’aspect commercial du geste d’apporter un gâteau commandé par ses parents la veille, quatre bougies dont les flemmes dansaient vint s'éteindre, après un « fait un vœu » teinté d’applaudissements.

Un petit monde de vie et de chaleur, l’écosystème fragile qu’est un restaurant pratiquement pour son ensemble souriant. N’est-ce pas là l’accomplissement de toute une vie ? Mon regard se tourne lentement vers Maman, qui encaisse un couple. Nos regards se croisent, un instant, et un sourire crispé s’anime à son visage, m’arrachant une grimace.

Les plaies du cœur ne cicatriseront-elle jamais ? D’un sourire plus forcé et contrarier, je laisse mon regard se porter au petit bout de famille. Un père, une mère, un enfant, une grande-sœur et les grands parents présents pour l’occasion.

Mamou… Tu nous manques tellement.

Mon poing se resserrait d’un sentiment d’impuissance, mon autre main se nichant sur la tête du bout de chou. Faire semblant, c’est bien tout ce qu’il reste à faire…

« Profite bien de ton gâteau et de ta famille, petit bonhomme. »

Ma voix était plus calme, moins enjouée. C’est fou comme un seul regard, un seul échange peut faire remonter d’atroces souvenirs. Je revois l’enterrement, vaguement, la pluie tombant sur nos épaules comme si on nous frappait à coup de marteau pour à notre tour retourner dans le sol. M’approchant du comptoir, malgré mon sourire forcé, une habitude face à la clientèle, il était si simple de voir à la façon dont se traînaient mes jambes, à la maigreur que dévoilent mes bras et mes tibias dans ma salopette faisant en même temps office de jupes, qu’effort ou non effort, le malheur ne toque pas avant d’entrer en chaque foyers.

Venant lentement déposer ma main sur l’épaule de la rouquine, bien mieux charpentée que moi, je baissais d’un ton, dos à la salle.

« Le second service est déjà bien entamé, le gros est fait. Va te reposer, je m’occupe du reste. »

Malgré la différence de taille et de corpulence, nos deux poings se serraient en même temps d’un air résigné. N’importe quel observateur aurait pu en conclure que « yep, c’est bien une mère et sa fille ! ». Désireuse de lui prouver ma capacité à assumer, spontanément, je me dirigeais vers le couteau du bar pour le faire tourner entre mes doigts et me mettre à découper de fines lamelles de poisson, tout en observant les commandes de temps à autres, précise et efficace en mon geste.

Finalement, elle capitule. C’est une demi-victoire qui se niche à mon sourire en la voyant passer par l’arrière-boutique pour aller se reposer alors que mon regard se tourne vers la porte qui, quelques instants plus tard s’ouvre. Encore des clients ? A cette heure-ci ?

Quelle idée incroyable que de vouloir faire la grande Maya. Maintenant il va falloir assumer.

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MessageSujet: Re: Pierre, feuille, ciseaux [P.V. Yura & Shiro]   Ven 22 Mar - 22:55


Shiro soupirait, longeant la rue à pas lents, les yeux à demi fermés, les bras se balançant à la recherche d'une caresse de vent. Faute de réussir à se changer les idées seule, elle avait activé ses Yeux de vents pour forcer son attention sur son environnement. Elle se raccrochait à chaque rythme de respiration, à chaque frôlement, à chaque pirouette du vent autour des autres passants. Elle se raccrochait à l'air doux qui bruissait dans les feuilles d'un arbre proche, lui offrant un spectacle d'une incroyable complexité. Elle se raccrochait à la pression qui chutait imperceptiblement, suggérant de la pluie pour le lendemain. Elle essayait de ne penser à rien.

Elle s'était disputée avec son père. Encore. Autre soupir, et la jeune Juunin rouvrit brièvement les yeux. Depuis la destruction de Konoha, elle avait travaillé d'arrache-pied, dormant plus souvent dans des arbres que dans un lit, et plus souvent dans une auberge que chez elle. Elle s'était tellement investit dans la reconstruction qu'elle avait réussi en un an ce qu'elle avait échoué en dix : elle avait quitté le grade de Chuunin. Et maintenant ? Elle continuait les missions, elle continuait le travail, plus aussi intensément que dans les mois qui avaient suivi l'attaque de Kami, mais avec la rigueur et l'investissement qui seyait à son grade. C'était normal.

Ce n'était pas l'avis de son père. Shiro pivota pour emprunter une autre rue, peut-être un peu trop brusquement par rapport à son rythme de marche précédent. Lorsque son épouse avait été tuée, l'homme avait été plongé dans une grande solitude, mais au moins sa fille était restée à ses côtés, à se reconstruire avec lui. Après l'attaque de Kami, ses talents de charpentier s'étaient avérés très utiles, et il n'avait pas eu le temps de se languir de l'absence de son enfant. Mais maintenant, le père et la fille s'éloignait de plus en plus. L'un retrouvant les inquiétudes et les craintes qu'il avait développés auprès de sa femme kunoichi. L'autre tolérant de moins en moins de voir son père croupir dans la solitude.

Shiro lui avait proposé à de nombreuses reprises de repartir au port des Umikaze pour se ressourcer, retrouver de la famille qui serait présente pour lui. D'autant plus qu'avec le développement du village portuaire de Shito, les talents de navigation du clan étaient très demandés. Mais il rétorquait qu'elle ne se débarrasserait pas de lui si facilement. Il lui reprochait son rythme de vie, elle lui reprochait son paternalisme. La dispute montait, chacun disait des choses qu'il regrettait, et Shiro finissait toujours par repartir. La jeune femme n'avait pas pleuré depuis longtemps, mais à chaque fois, sa gorge se serrait. Elle regrettait tellement leur ancienne complicité.

Énième soupir. Elle s'arrêta et ouvrit les yeux. Sans grande surprise, elle ne reconnaissait pas le quartier. La position du soleil à l'horizon lui rappela qu'elle n'avait pas encore mangé, et elle sentait la faim lui pincer l'estomac. Vérifiant qu'il lui restait de l'argent, la kunoichi se dirigea vers le restaurant le plus proche, encouragée par l'odeur qui en sortait. Elle poussa doucement la porte et se glissa à l'intérieur. D'un réflexe forgé par l'habitude, la ninja sensoriel s'avança de son pas souple tout en scannant la multitude d'information que recelait l'air de la salle. Une famille amusée autour d'un enfant surexcité, un couple qui mange en les regardant, trois hommes dans un coin qui discutent entre eux, sans arme, un homme et une femme isolés, l'un mangeant dans son coin, l'autre attendant sa commande, une vielle dame en train d'écrire à côté d'un bol vidé, un groupe de cinq étudiants de l'académie bavardant bruyamment autour d'une table. Une femme derrière le comptoir, dont le sourire accueillant n'empêchait pas Shiro de percevoir les infime soubresaut qui la traversaient par moment. Surprise ? Nervosité ? Inquiétude ? La femme n'en avait aucune idée et essayer de le deviner prolongerait sans doute le silence gênant qui menaçait de s'installer.

Après les salutations d'usage, qui semblèrent apaiser un petit peu l'atmosphère, la kunoichi commanda simplement un bol de udon garni, et s'installa au comptoir, accoudée sur la table et le menton posé sur le dos des mains, son regard se perdant quelques instant dans la décoration de l'établissement. Imperceptiblement, ses sens retournèrent cependant autour de la cuisinière qui s’affairait. Elle ne savait pas si c'était sa faible corpulence, le côté mécanique de ses gestes qui donnait l'impression qu'elle avait la tête ailleurs, le rythme de sa respiration ou les petits spasmes qui parcouraient sa peau ici et là, mais l'air autour d'elle dégageait un léger sentiment de détresse. Pas de la peur, juste une certaine forme de malaise. Les Yeux de vents de la femme cherchèrent une potentielle cause dans les environs, en vain. Un bref instant, elle craignit même d'avoir été la cause de ce sentiment, mais elle ne voyait pas comment : ses armes étaient rangées, pas spécialement en évidence, et à Konoha, les ninja locaux n'étaient pas particulièrement crains, si ? Préférant en avoir le coeur net, elle reporta son regard vers la femme aux cheveux rouges, attendant qu'elle cesse de couper ses tranches de poissons, et demanda doucement :

- Vous allez bien ? Vous avez l'air... la femme chercha un instant une formulation avec assez de tact, fatiguée... ?
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