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 Gloire à Jashin [Done]

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Munakata Kumagawa
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Munakata Kumagawa
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MessageSujet: Gloire à Jashin [Done]   Gloire à Jashin [Done] EmptyLun 27 Mai - 19:04

Kumagawa Munakata
Bordure inférieure
Physique

Deux doigts glissent le long d’une mâchoire. Les miens, passant sur mon visage qui n’a plus changé depuis tant d’années maintenant. Le temps pour moi s’est arrêté à mes vingt-cinq ans, comme une éternité auparavant. Une mâchoire étriquée, une moue boudeuse et un nez pointu, accompagnés de deux yeux rouges, le même rouge dont le clan de l’éventail est si fier, sans pour autant arborer les même capacités uniques que les leurs. Une chevelure noire, courte et rejetée en arrière, atteignant à peine la nuque mais dont quelques mèches retombent parfois jusque dans mon champ de vision. De la mâchoire, mes doigts passent sous mes yeux, où comme sur le reste de mon corps, les tatouages de la cérémonie rituelle des faveurs de Jashin s’étendent encore. Deux marques entremêlées, du rouge de notre sang mêlé à l’encre, qui s’étendent jusqu’aux pommettes.

Glissant sur celles ci, je touche du bout du doigt les huit trous percés à chaque oreille, parmis lesquels quatre sont occupés. Des anneaux en tout genre, et une pierre qui me fût remise après la mort de l’un des Grands Prêtres, symbole des échelons gravis au fil des années. Grand Prêtre de l’Eglise Jashiniste, un titre important au coeur du culte, mais qui ici ne me rends que plus suspicieux pour les haut gradés, comme une plaie dont on aimerait se débarrasser, une tache de sang indélébile sur le tapis.


Ma main descends, passant outre le cou épais et la pomme d’Adam, pour arriver à des épaules larges et un torse musclé, arborant également les tatouages rituels, trois magatamas tatoués d’un sang différent. Le premier est fait de mon sang, le second de celui de la femme que j’ai capturée pour mériter le don de Jashin, et le dernier est fait du sang béni, une fiole rarement sortie et contenant soit disant le sang du Dieu de la destruction. Vrai ou faux, impossible d’avoir une réponse claire, mais aucun ne paraissait douter du contenu. Sous les trois magatamas, le symbole des Grands Prêtres, rajouté à mon intronisation dans les hauts cercles du culte. L’armure, laissant le torse grand ouvert, prêt à être frappé par l’ennemi ou moi même, mais protégeant le bas du corps d’un cuir épais, afin de ne pas être blessé et immobilisé. Non, finalement, rien n’a changé durant ces cinquantes dernières années.
Mental

Qui suis-je? Où vais-je? Dans quel but? Autant de questions que je n’ai jamais eu à me poser, puisqu’on m’en a donné les réponses très tôt. Je suis Munakata Kagawa, fils cadet de la famille Kagawa, une famille discrète, bien que fidèle à Konoha. La loyauté est une valeur sûre, et c’est ce qui nous fût inculqué très tôt à mon frère et moi. Vivre au rythme de Konoha, mourir notre heure venue, et s’assurer d’avoir laissé un héritage au village.

Pourtant, il y a bien des façons d’être fidèle à sa patrie et à ses croyances, c’est ce que j’ai vite appris en rejoignant la Racine. Agir dans l’ombre, en usant de méthodes dures, mais toujours pour le bien du village. C’est ainsi que j’ai compris que le bien et le mal sont des barrières que se posent les gens, des chaînes morales qu’il faut garder pour la majorité, mais que parfois, il est nécessaire d’ôter. Si les ninjas de la surface en ont besoin, alors la Racine n’en a cure, car ils ne privilégieront que l’efficacité et la réussite des missions données par les supérieurs. La Racine est constituée d’une tête et de multiples armes en un sens, mais c’est du passé désormais.

Mais outre mon amour de l’efficacité et mon dédain des jérémiades et des faibles se croyant plus forts qu’il ne le sont, mes décennies au sein de l’Eglise m’ont appris à vivre lentement. Le temps n’a plus d’importance lorsque Jashin vous bénit, et si chacun est libre de semer la mort et la destruction comme il le souhaite, j’ai moi même choisi de ne l’accorder qu’à certains élus. Seuls les méritants rejoindront le paradis promis par notre Dieu, et il est de mon devoir de filtrer les vaillants des couards, les désireux de se donner pour une cause des inutiles préférant se cacher.

Outre mes croyances religieuses, qui dans le fond ne regarde que moi, j’admets sans aucun problème avoir de légers soucis de respect pour la vie. Pas que je puisse y faire grand chose, le passé m’a appris que la vie n’a de valeur que celle qu’on lui accorde, et mon échelle de mesure s’accorde sur l’utilité d’une vie pour Konoha. On peut d’ailleurs dire ce qu’on veut sur mes rares sourires et mon sérieux parfois excessif, je ne crois pas être dépourvu d’humour, même s’il est vrai que je réponds difficilement aux blagues et pitreries des collègues, peut être simplement parce que je rate souvent le fait qu’il s’agisse d’une plaisanterie. Peut être, peut être pas, dans le fond, même si rire lorsqu’ils s’y attendent aideraient la consolidation de liens, et donc potentiellement de l’efficacité du travail d’équipe dont le village avait toujours été fier, ce n’était pas le point central d’une défense efficace, le relais correct d’information suffisant largement à palier à cela.

Non, si je devais ne nommer qu’un seul souci, ce serait la colère exacerbée qui règne sous les trois magatamas. La Racine nous apprenait à détruire chacunes de nos émotions, mais l’Eglise vivait de la colère, de la passion, des émotions extrêmement fortes, et si la majorité n’a pas refait surface, je suis devenu assez irritable, une boule de colère et de rage prête à exploser pour peu qu’on s’oppose à moi sans raison. Pas que je compte régler le problème aujourd’hui de toute manière, il est plus simple de limiter les risques de crise de rage que de les résoudre.
Histoire

Aujourd’hui marquait le jour de mes soixante et onze ans. Pour être honnête, étant jeune, je ne m’attendais pas à vivre aussi longtemps, mais maintenant que je suis ce que je suis, je me demande combien encore d’années je verrais. Dix, cent, peut être mille, impossible de savoir. Pour peu que certains haut gradés soit suffisamment convaincants, le Hokage peut décider de me faire enfermer à vie dès demain.


Aujourd’hui, plus que mes soixante et onze ans, j’ai vu mon père, pour la première fois depuis bien longtemps. J’ai triché, un peu, pour retrouver sa trace, mais est ce que cela présente une importance quelconque? Il avait l’air… Vieux, déprimé, triste de n’avoir pas su mourir à son heure, au service de Konoha comme il l’avait toujours rêvé. Son fils aîné était mort lors de l’attaque de Kami, sa femme lors de l’attaque de Kiri, et lui avait survécu à toutes les intempéries, non pas par lâcheté, mais simplement parce qu’il était bon et assez chanceux pour couvrir les faiblesses venues avec l’âge. Il ne m’avait pas cru au début, quand je me suis présenté. C’est normal dans le fond, il a été jeune père, et son fils devrait être agé. J’ai dû lui prouver que c’était moi, que j’avais changé lors d’une mission pour le village. Il m’a adressé un regard de dégoût, comme si mon immortalité m’empêchait de parvenir à ses fins, jusqu’à ce que je lui rappelle que servir Konoha pour l’éternité valait sans aucun doute le fait de mourir en défendant le village.


Il n’a guère pu rétorquer au fait qu’un shinobi éternel valait plus qu’un shinobi mort et a fini par laisser tomber le sujet, préférant s’enquérir de ce que j’avais fait depuis toutes ces années, et c’est face au nombre troublant de trou de mémoire qu’il m’a fait une suggestion. Avec l’âge, immortel ou pas, je finirais par avoir un grand nombre d’oublis, ne pouvant tout simplement pas tout retenir. Il m’a donc conseillé de tenir un journal, pour ne pas avoir peur de l’amnésie. Et me voilà ici, dans ma chambre, devant un carnet de cuir noir, une plume à la main et un pot d’encre à côté, écrivant ces mots. Je suppose que je suis censé commencer par le tout début.


Je suis Munakata Kumagawa, fils cadet de Shoujiki Kumagawa et Tomoe Umegi, né durant la fin du printemps de l’an 52, accompagné de mon frère jumeau Nobunaga. Notre famille n’a guère de réputation comparée à d’autres clans prestigieux, pourtant, nous avons toujours fait de notre mieux pour être utile pour le village. Par peur d’être abandonné peut être, ou bien par espoir d’un jour être reconnu comme un des grands clans, qui sait. Ma, ou plutôt notre, naissance nous destinait d’avance à devenir un ninja. Pas forcément le futur Hashirama ou Naruto, mais des ninjas fidèles au village, et qui accompliraient leur devoir avec dévotion et fierté. Assez tôt, notre père commença à nous expliquer les fondations du chakra, son fonctionnement, son utilisation. Il était bon enseignant et aurait plus tard plusieurs équipes à entraîner à ce qu’il m’a dit. A six ans, il nous fit entrer à l’académie, pour que nous puissions entrer au service du village au plus vite je suppose.


Les leçons étaient…. ridiculement simples dans ma mémoire. Le temps me joue peut être des tours, mais je crois me souvenir de leçons que j’avais déjà vues avec Père, et bien que je souhaitais être assidu, je n’avais guère à faire, tout comme mon frère, qui m’avait plus d’une fois cherché du regard pour me faire part de son incompréhension devant la facilité des cours donnés. A sept ans nous étions sortis de l’académie, diplômés en tant que Genin et plutôt fiers de nous, bien que décontenancés par l’absence de difficulté. C’est là que nous avons été séparés. Lui a reçu un enseignant, une équipe et les missions habituelles tandis que moi… Disons que j’ai rejoint la Racine, et que mon avis n’entrait pas en ligne de compte.


Pour être honnête, ce ne fût pas la meilleure partie de ma vie je pense. Séparé de ma famille, qui bien que stricte avait le mérite de me respecter et m’aimer, jeté dans un entraînement visant à détruire l’individu pour nous reforger en tant qu’arme, allant jusqu’à nous faire oublier notre propre nom afin de s’assurer que nous ne relevions pas la tête ou que nous ne nous mettions pas à rêver d’autre chose que notre futur. Ai-je combattu ce qui est clairement un lavage de cerveau? Sans doute oui, au moins au début. Je rêvais de servir Konoha, mais pas ainsi. Sans vraiment vouloir les honneurs, j’espérais au moins être reconnu comme un shinobi d’envergure par l’élite du village, mais la Racine agit purement dans l’ombre. Il n’y a aucune lumière sous terre disait la femme qui m’a entraîné à l’époque, pour nous il n’est question que de servir et mourir, sans souci de gloire ou de reconnaissance. Nous sommes les héros dans l’ombre, ceux que tous oublient à l’exception de leur confrères.


C’est une mentalité à laquelle je n’adhérais pas vraiment au début, mais le temps, l’entraînement et le matraquage d’idéaux finit par fonctionner je suppose. A dix ans, la première partie de mon entraînement était terminée. J’avais appris à tuer, discrètement ou non, à me guérir pour repartir à l’assaut aussi vite que possible, et on me jeta dans le bain presque aussitôt. Des missions, aux répercussions bien plus importantes que ce que mon esprit d’enfant pouvait envisager. La première avait été l’assassinat d’un marchand Iwajin, qui avait été retrouvé vidé de son sang, la seconde le meurtre d’un dignitaire Sunajin, la troisième l’élimination d’un traître à Konoha. Finalement, presque toutes mes missions furent des éliminations, un travail digne de la Racine je suppose. Après tout, le but de Danzo en la fondant était de contrebalancer le pacifisme inhérent du Sandaime.



De nombreux mois sont passés ainsi, simplement rentrer à Konoha, se reposer trois jours, repartir abattre une cible, en une boucle éternelle emplie du désir d’être utile à Konoha. Je n’ai jamais su ce qui avait fait que tout ces hommes, femmes et enfants méritent de mourir, et je ne me suis jamais posé la question non plus. Ils avaient été désignés par les têtes du village, et le rôle d’une arme n’est pas de remettre en question les intentions de la main qui la porte. Puis, un jour, on me renvoya en entraînement. J’avais peut être suffisamment fait mes preuves pour qu’ils me jugent dignes de rentrer dans les échelons supérieurs, passant d’une épée sans nom à une arme affûtée, désormais nommé Chinuru de par ma tendance à vider mes victimes de leur sang.


J’ai passé plusieurs années sous ce nom, allant jusqu’à oublier celui que j’avais reçu à la naissance, avant d’être convoqué par l’homme en haut de l’échelle. Danzo Shimura. Il paraissait calme, mais ses intonations trahissaient son excitation. Il pleurait la mort du fils d’un ami disait il, mais ne pouvait retenir son agitation face aux circonstances de sa mort. Le meurtrier avait révélé des capacités exceptionnelles, pour ne pas dire divines, une immortalité qui lui avait permis via une technique inconnue de s’infliger des blessures fatales pour les répercuter sur son adversaire, sans pour autant subir lui même plus qu’une douleur perçante. Selon leurs premières recherches, il s’agissait d’un don d’une divinité que l’homme avait nommé Jashin, et ma mission était simple. Je devais découvrir l’emplacement de ce culte et faire tout mon possible pour ramener les capacités présentées par le membre de l’Akatsuki Hidan à Konoha. A ma question concernant le temps qui m’était donné, je n’avais eu qu’une réponse vague, “Autant de temps qu’il te faudra pour obtenir les même capacités que cet homme et déterminer si oui ou non une partie de ces fous sanguinaires était susceptible de rejoindre Konoha”.


C’est ainsi que j’ai quitté Konoha, ma mission en tête. Sans le savoir, je partais pour un long moment, trente-cinq ans de mon existence, la moitié de ma vie. La moitié de ma vie pour une mission qui au final n’a abouti qu’à un seul immortel au service du village. La Racine m’aurait elle moquée pour ce résultat médiocre ou bien Danzo aurait il été satisfait de voir une personne revenir? Je ne sais pas, et je doute qu’il reste qui que ce soit de mon entourage de l’époque en vie. Peut être que quelqu’un se souvient de Chinuru, mais faire partie de la Racine signifiait souvent mourir jeune, les plus jeunes membres encore vivants auraient au bas mot cinquante-cinq ans… Non, il est peu probable que des collègues soient encore en vie.


Retrouver trace du culte ne fût pas simple, ceux-ci préférant visiblement faire leurs affaires de leur côté et laissant entièrement le reste du monde à part, en dehors de leurs sacrifices. Non, les trouver ne fût pas une partie de plaisir, mais en remontant les sources d’enlèvement et/ou de morts fréquentes, je finis par saisir l’un d’entre eux, et en le filant, remonter ainsi jusqu’à leur centre d’opérations. Il s’agissait d’une ancienne bâtisse, visiblement un manoir abandonné par ses possesseurs pour une raison ou une autre. Mon entrée se fît non sans mal, intercepté par des cultistes visiblement peu intéressés par la raison de ma venue mais ravis d’avoir un sacrifice de plus à effectuer pour leur dieu. Les convaincre que je souhaitais les rejoindre fût étonnamment simple, il me suffit à peine de crier “Gloire à Jashin” pour que ces idiots m’accepte parmi eux, comme s’il s’agissait d’un mot de passe leur permettant de se reconnaître entre eux.


J’ai vite appris les règles de l’Eglise, somme toute très simples. Chacun est libre de faire ce qu’il souhaite tant que cela n’enfreint pas la sécurité du groupe, chacun est libre de vénérer Jashin comme il l’entends et enfin, chacun doit se présenter une fois tous les douze jours afin de procéder à la prière. Ceux qui le souhaitaient pouvaient utiliser les multiples chambres du lieu comme refuge mais nul n’y était forcé. Dans l’ensemble, l’endroit ressemblait presque plus à un lieu de réunion entre gens d’une même profession qu’à un vrai lieu de culte, ou du moins je le pensais jusqu’à la première cérémonie à laquelle j’ai assisté.


Un homme avait été apporté au milieu d’une grande salle, sans doute ce qui avait été une salle de bal par le passé. Quelques gouttes de sang avaient été drainées puis offertes à un homme d’une quarantaine d’années, dont les oreilles s’ornaient de quatre pierres, celles là même que j’arbore aujourd’hui. Celui-ci, que j’appris être le Grand Prêtre, procéda à la création d’un grand cercle rituel au milieu duquel il se plaça, sa peau tournant au noir et des marquages blancs se créant sur son épiderme avant qu’il ne se transperce, toujours lentement, d’aiguillons longs d’un empan, des gouttes de sang perlants de son côté alors que les cris de la victime se répercutaient contre les murs, couvrant les prières à voix basse des fidèles. Le Grand Prêtre ne paraissait pas souffrir, continuant d’un air immuable à enfoncer aiguillon après aiguillon dans sa chair alors que l’homme attaché hurlait mille et une douleurs et que les mots des religieux se faisaient plus forts. Plus la cérémonie avançait, plus les ecclésiastiques se faisaient entendre, alors même que les cris du sacrifié se brisaient. Finalement, le silence s’instaura avant que le Grand Prêtre ne rende gloire à leur divinité et mette enfin fin à la procession, saisissant un dernier aiguillon plus long que les autres et orné de décoration avant de l’enfoncer dans sa poitrine, pénétrant jusqu’à son coeur et achevant le pauvre hère qui avait été traîné contre sa volonté.


Si l’on m’avait prévenu qu’il s’agissait d’un culte vénérant la souffrance, la mort et la destruction, la réalité ne me frappa que durant cette cérémonie. Ils étaient dérangés. Pas forcément mauvais, mais simplement dérangés, avec une vision différente du monde qui les poussaient à en vouloir la fin. C’est ce rôle que j’ai joué les quatre années suivantes. Celui d’un lunatique pressé de voir le monde brûler et désespérant de sauver ceux qui vivaient dans la peine et la douleur. Chaque jour, je sortais, tuais une personne et revenais, réfléchissant au futur. Combien de temps cela pouvait il durer avant d’enfin avoir un indice, une explication concernant l’immortalité? La réponse est quatre ans, soit mille quatre cent soixante et un mort. Il fallut un tas de cadavres si imposant pour que le Grand Prêtre remarque ma “dévotion” et me confie ce qu’il estimait être une mission divine de la plus haute importance, la récupération d’une jeune femme née dans un village lointain. Une vision lui avait indiqué, prétendait il, que son sacrifice réjouirait Jashin, car elle représentait tout ce qu’il haïssait.


C’est avec un hochement de tête que j’étais parti enlever la demoiselle, une jeune femme blonde à peine plus âgée que moi dont le coeur débordait visiblement de compassion et d’amour pour son entourage. Tout ce que Jashin détestait en effet, l’opposé même de ses préceptes. La sacrifier était il juste? Ôter à son entourage la lumière qu’elle était était il juste? Sans doute pas, mais c’était la façon la plus rapide, et sans doute la plus efficace, de remplir ma mission, qui était également la clef pour rentrer à Konoha en offrant au village tout ce que je savais. C’est ce jour là qu’une jeune femme disparut sans laisser de traces, et c’est trois jours plus tard que la cérémonie de son sacrifice eut lieu. Je n’étais pas fier de moi, mais je n’avais pas honte de mon acte non plus. C’était un sacrifice nécessaire, comme la Racine me l’avait appris.


Le Grand Prêtre en revanche, était satisfait. Ce sacrifice était symbole absolu de ma dévotion à Jashin selon lui, et c’est avec un rare sourire qu’il m’offra de recevoir le don de Jashin. Je supposais, avec justesse, qu’il parlait de l’immortalité désirée par Danzo, et c’est avec honneur que je la reçus. Il ne s’agissait plus seulement d’une mission, il s’agissait d’un honneur, la première marque que je recevais en tant qu’individu depuis bien des années. La Racine m’avait appris à être une arme sans émotion, l’Eglise à être un individu armé de croyances et au coeur battant de sentiments forts. Ce ne fût pas une réussite, l’émotion principale revenue étant la colère, exutoire à l’irritation, à l'agacement et à l’ennui.


La cérémonie elle même était étrangement basse. On m’avait allongé sur le sol au milieu d’un cercle rituel, le Grand Prêtre de l’Eglise murmurant une prière que je n’avais jamais entendue, reprise par les fidèles alors que la tête du groupe me tirait du sang, mêlé à de l’encre avant de tracer le premier des trois magatamas qui ornent ma poitrine. Un bol était saisi, contenant le sang de la jeune femme, qui servi à tracer le second. Puis, une sphère ornée du symbole de Jashin, dont le haut s’ouvrit, révélant un liquide rouge bien plus sombre que les autres, servant à tracer le dernier des trois magatamas et les symboles sous mes yeux. J’ignore s’il s’agit des prières, du mélange des sang ou d’une quelconque intervention divine, mais il est indéniable que j’ai ressenti quelque chose lors de cette cérémonie. Une présence, si imposante qu’elle m’écrasait par sa simple existence, froide et sans aucune pitié, mais qui au fil du service divin s’était réchauffée et avait laissé sa marque sur les trois magatamas, les rendant brûlants sur ma peau avant de s’effacer, me laissant seul au milieu du cercle entourant un triangle inversé.


La procession accomplie, le Grand Prêtre m’aida à me relever, annonçant au reste de la foule que Jashin m’avait béni de sa grâce, les invitant à se recueillir devant la toute puissance de leur Dieu. A compter de ce moment, j’étais devenu une sorte d’idole pour certains, mais je ne tardais pas à comprendre que pour l’homme qui m’avait amené à ce rang, j’étais une échappatoire. J’ignore combien de temps il avait passé à diriger le culte, mais cela avait suffit à broyer toute envie d’exister en lui. Il était visiblement las de vivre, et si son amour pour son Dieu avait jusque là suffit à lui faire continuer son oeuvre, la perspective d’un remplaçant était suffisante pour qu’il endure quelques années supplémentaires. De là, il passa près de trente ans à m’instruire de toutes les coutumes qu’il avait appris du Grand Prêtre précédent, depuis les plus infimes, comme la coutume de toujours porter la première bouchée d’un repas de la main gauche ou les sacrifices rituels tout les douze jours. Le jour de ma dernière leçon, il me traça du sang de Jashin le symbole que lui même arborait, m’accrocha ses boucles d’oreille et se donna la mort la nuit même, rejoignant enfin le dieu qu’il avait servi si longtemps.


J’assurais le rôle qu’il m’avait laissé un an, puis deux, et le premier jour marquant le début de la troisième année, je décidais qu’il était temps. J’avais autant d’informations qu’il était possible sur Jashin, je connaissais chacune des ouailles et estimait avoir saisi leur tempérament général, aucun ne se rangerait jamais du côté d’un village ou d’un autre. Ils n’étaient dévoués qu’à leur liberté et à Jashin, et si la pensée de les envoyer le rejoindre moi même m’effleura, je la repoussais, presque tristement. Ils ne méritaient pas d’être trahis par un homme qu’ils avaient côtoyés tant d’années. Ce jour là, je suis reparti pour Konoha, me préparant à faire mon rapport. Si entrer dans Konoha fût une chose aisée, je dût malheureusement passer par la case prison, à mon grand étonnement.


La Racine avait été dissoute près de deux décennies auparavant et j’étais passé pour mort, c’est donc logiquement que j’avais été entouré d’anbus puis placé en cellule le temps de savoir qui j’étais, si je mentais et pourquoi étais-je parti si longtemps. Je ne me fis pas prier pour leur donner toutes les informations que j’avais, assurant une nouvelle fois mon identité, délaissée si longtemps auparavant qu’il m’avait fallu un certain temps pour retrouver le nom que mes parents m’avaient légué, et mon désir de servir Konoha, comme mon frère l’avait fait, ainsi que mon père et son père avant lui.


Deux mois je restais ainsi enfermé, sans doute le temps de reconnecter tout les points. J’avais été interrogé sur mon âge, en totale contradiction avec mon physique, ce à quoi je n’avais pu que hausser les épaules en mentionnant le don de Jashin. Une bénédiction qui me rendait d’autant plus suspicieux à leurs yeux, mais au vu des informations fournies, il n’avait pu que baisser les bras et admettre que je disais la vérité. J’appris de leur bouche que mon frère était mort en mission quelques années auparavant, tout comme ma mère. Mon père en revanche avait fait une longue carrière de shinobi avant de devenir enseignant. Je ne manquais pas de grand chose en prison, même si l’ennui était suffisamment présent pour que je frappe à plusieurs reprises les murs de frustration.


Et finalement, je finis par sortir. Sous surveillance évidemment, la menace que je représentais n’était bien sûr pas écartée à leurs yeux. Deux femmes en fait, une dont les yeux blancs trahissaient les origines claniques et l’autre dont le corps ne trahissait rien d’autre qu’une expérience du combat. Fût un temps, j’aurais pu les appeler collègue, mais ma position d’alors m’en empêchait. Je n’étais pas un ninja, j’étais un prisonnier qu’on avait autorisé à sortir de sa geôle. Pourtant, voir l'extérieur du village qui avait tant changé était agréable, bien que décevant. En un sens, Konoha était toujours le même, et avoir fait un tour par ses geôles m’avait à la fois rassuré et déçu.


J’avais beau être assigné à résidence, du moins une résidence gracieusement fournie par le village, rien ne m’empêchait de rendre la tâche agréable pour mes geôlières. Je ne prétends pas avoir été le parfait gentleman avec elles, mais j’estime au moins avoir été d’agréable compagnie, voire même plus à en croire l’attention excessive que me portait la demoiselle aux yeux blancs. Celle-ci contre-balançait presque sa collègue, polie mais distante, comme elle devait l’être. Je n’ai compris qu’au bout d’une douzaine de jours, alors que les aiguillons s'enfonçaient lentement dans ma chair, répétant le rite du sacrifice comme mon prédécesseur me l’avait appris, sans victime évidemment, la raison de son approche. Durant la percée finale de mon coeur, les derniers mots de la prière mourant dans le silence du lieu, j’entrouvris les yeux pour découvrir la jeune femme se lever et partir. J’étais catégorique, l’heure de la relève n’était pas encore arrivée, s’était elle arrangée avec sa collègue? L’attente me faisait croire que non. Certes, Zanka n’était pas la plus aimable, mais elle le saluait tout de même en arrivant et faisait même parfois la conversation.


Je ne pouvais qu’attendre, sous peine d’être renvoyé en prison ou simplement scellé pour le restant de mon existence si je mettais le pied dehors sans surveillance. Finalement, ma seconde geôlière arriva, et je l’informai aussitôt de l’irrégularité commise par la première. Ne pouvant faire plus, elle m’ordonna de rester là où j’étais sous peine de sanction, ce qui m’agaca. La Hyûga était partie depuis près de trois heures désormais, et je n’avais mis le pied dehors, mais elle se sentait tout de même obligée de me le rappeler. Je ne pouvais cependant qu’obtempérer et rentrer dans la résidence, attendant la résolution de cette histoire, qui ne tarda en effet pas à arriver sous la forme d’une jeune femme déchaînée à mon domicile. Les trois hommes et la femme qui étaient arrivés sur ordre de Zanka avaient été promptement, et proprement, éjectés de la demeure, la Hyûga en ayant vraisemblablement après moi.


J’avais initialement décidé de les laisser agir, mais m’étais ravisé en voyant l’aisance avec laquelle ils avaient été mis hors combat. Alors que la femme aux yeux blancs ne bougeait plus, je me glissais lentement dans son dos, découvrant son regard fixé sur Lanka. Ma main se posa légèrement sur son épaule, y déposant un sceau maudit qui lui causerait une douleur extrêmement élevée si elle tentait de malaxer son chakra. Elle se retourna vivement vers moi, leva une paume, crispa ses yeux, et s’effondra en hurlant de douleur. J’haussais les épaules, spécifiant que j’ôterais le sceau si on me le demandait, mais Zanka se contenta d’hocher la tête en signe de négation et d’emporter sa collègue.


Peu de temps après, je fût libéré de surveillance officielle, bien qu’il est probable qu’au moins un homme ait été assigné à ma surveillance plus discrète. De prisonnier, j’entrais dans le Jiei, qui avait remplacé la Racine, puis, à la dissolution de celui-ci, je redevenais simple Tokubetsu Jônin, avant d’être affecté à la section scientifique, où mon expérience était censée pouvoir être utile. Je n’ai été libéré de ce service qu’avant-hier, peu après une convocation par le Jûichidaime. Son excès de travail l’avait conduit à devoir prendre un instant pour souffler, et il comptait sur moi-même et un visage connu, Zanka, pour assurer le fonctionnement du village le temps d’être à nouveau sur pied.





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Informations IRP
Nom et Prénom : Kumagawa Munakata
Age : 71 ans
Sexe : Masculin
Affiliation : Konoha
Grade souhaité : Tokubetsu Jonin
Rang souhaité : A
Talents : Jujutsu, Fuinjutsu, Iroujutsu, Kenjutsu et Drain de Chakra. Taijutsu en mini-talent je suppose.
Quelque chose à ajouter ? GLOIRE A JASHIN! SHIJI HYÔKETSU
Informations HRP
Pseudo : Kilroy, One, Danann, Sana
Comment avez vous découvert le forum : J'suis pas bien sûr
Comment trouvez vous le forum : En ouvrant mes yeux et mon navigateur
Que faudrait-il changer : Le staff
Autre remarque : Gloire à Jashin?
Avez vous lu le règlement ? Je suis une sage-femme
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Kana Hyûga

Kana Hyûga
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MessageSujet: Re: Gloire à Jashin [Done]   Gloire à Jashin [Done] EmptyJeu 30 Mai - 8:59

'kay
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