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 Entrevue avec l'au-delà

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Yumi Esuki
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MessageSujet: Entrevue avec l'au-delà   Entrevue avec l'au-delà EmptySam 26 Aoû - 15:01

Une fois les frontières du pays du feu dépassées, je sentis le temps se couvrir. La fin de l’été était bien moins clémente que son apogée dans cette région du monde, d’autant plus lorsqu’on se rapprochait des mers glacées. Bien entendu, j’avais été parfaitement prévoyante et avais sorti une fourrure de mon cabas de grand-mère. Non, je plaisante ! Elle aurait fait ça, j’imagine… Moi, je me contentais de claquer des dents en espérant bientôt arriver, alors même que j’étais déjà plus malade que nécessaire. Quelle idiote. Lorsque le blanc et le bleu s’étendaient à perte de vue et que cette odeur de sel gelé emplissait l’atmosphère, je commençai d’ailleurs à me sentir plus mal que d’ordinaire. Était-ce le tocsin que j’entendais retentir dans ce calme plat ? Je m’étais déjà assoupie pendant le trajet, mais la violence avec laquelle mon crâne heurta celui de Futeki le mit en alerte.

- Yumi !? Est-ce que ça va ?

Ma vision se troubla et je me forçai à gratter la surface polie du phoenix afin de rester éveillée. Non, quelque chose n’allait pas, mais quoi ? À quoi cela pouvait bien servir d’être la plus prestigieuse Eisennin encore en vie si je n’arrivais même pas à déceler l’origine de mon malêtre !? Je me redressai tant bien que mal pour composer une courte série de signes. Une minuscule sphère bleutée sortit de mes mains l’espace d’un instant avant de s’infiltrer dans ma poitrine comme si celle-ci était perforée d’un trou béant. J’utilisais mon propre chakra pour explorer mon organisme, une technique rudimentaire d’Iroujutsu et pourtant ô combien puissante si elle était accompagnée de connaissances suffisantes. Futeki avait ralenti le rythme pour éviter d’être trop abrupt avec moi, un geste qui témoignait de son empathie. Quelle vie de merde : créer des êtres vivants pour qu’ils aient de l’empathie pour moi à la place des autres, tsss. Il fut pénible de me concentrer avec cette terrible douleur en bruit de fond, mais je finis par parvenir à des résultats concordants : mon foie était très endommagé, certainement nécrosé à cause de ce virus indescriptible. Le fait que la douleur soit si soudaine m’inquiétait encore davantage : comment ce symptôme avait-il pu s’installer malgré ma vigilance ? Qu’importe, il fallait agir.

- Comme tu l’as compris… je… pète la forme. soupirai-je avec difficulté, obsédée par l’idée de ne pas répondre de manière trop formelle. Je ne pouvais plus le laisser penser qu’elle était encore en moi… Encore combien de temps… avant qu’on…

Il prit l’initiative de répondre avant que je ne termine, m’évitant ainsi de poursuivre ce calvaire.

- Trois quarts d’heure si je continue à cette allure. Moins d’une demi-heure si je mets les gommes. Tu préfères finir le voyage tranquillement ou arriver le plus vite possible ?

- J’aimerais bien… te dire que… j’ai tout mon temps.

Je le laissai deviner la suite, ce qu’il ne tarda pas à faire en remarquant mon silence : soucieux de ma survie, il se mit à fendre les airs d’une vitesse insoupçonnée, comme s’il avait toujours gardé quelque chose en réserve afin de me surprendre à cet instant. Je n’avais jamais réellement réfléchi à ce qu’il adviendrait de lui si je venais à dépérir sur son dos… disparaîtrait-il au même instant ? Ou bien pourrait-il continuer à vivre sans sa maîtresse ? Ma pupille ne lui transmettait pas un flux continu de chakra, ce qui me poussa à opter pour la seconde option. Cela dit, je n’avais pas tellement envie de vérifier.

«Merci Futeki… merci de veiller sur moi.»

L’atterrissage. À cette vitesse, il fut assez rude pour me tirer de mon sommeil. Je m’étais vraisemblablement endormie sur ce qui semblait être… mon sang ? L’arrière du crâne de ma monture était recouvert d’une toile de rouge. Dans d’autres circonstances, je me serais amusée à faire une remarque artistique, mais mon sens des priorités m’empêchait encore d’être aussi déraisonnable. Aux pieds de Futeki, des hautes herbes recouvraient ce qui était autrefois un réseau de chemins entretenus par l’homme. Mais il y avait bien longtemps qu’aucun être humain n’avait pris soin de ce havre de tranquillité : les serviteurs de Zatoïchi qui s’en étaient occupés après que celui-ci ait légué la tortue à Naeko avaient fini par déserter les lieux lorsque les choses s’étaient corsées à Kaminari. On ne pouvait pas vraiment leur reprocher leur lâcheté…

Alors que mon esprit divaguait, Futeki avait pris les devants en se transformant en ailes mobiles fixées dans mon dos. Il me fit planer en douceur au-dessus de ces larges étendues sauvages, ce qui me permit d’observer la beauté de la nature lorsqu’on laissait sa spontanéité parler d’elle-même : des massifs fleuris, de mignonnes bestioles, des cours d’eau à la fois harmonieux et désordonnés… J’avais voyagé et vécu aux quatre coins du monde, et rien ne rivalisait avec le fantastique écosystème de cette île. Je me ravisai lorsque la patte de l’homme fut de nouveau observable : un grand bâtiment érigé au beau milieu de nulle part se dressait devant nous. Mon phoenix me fit passer par le dessus, s’immisçant dans ce sanctuaire par une encolure ouverte au sommet. À l’intérieur, des futons poussiéreux avaient résisté aux sévices du temps. Futeki eut la désobligeance de me lâcher dessus sans vérifier au préalable qu’ils étaient bien confortables…


- Quel goujat ! m’exclamai-je, temporairement tonifiée par l’adrénaline de ma chute sur le matelas pas assez épais à mon goût.

Mes ailes s’étaient déjà séparées de mon dos, permettant à Futeki de ressortir par l’orifice par lequel il était entré.


- Je m’excuse, je ne peux pas te tenir compagnie, la pièce est trop petite pour ma taille. Tu aurais dû me donner la possibilité de l’ajuster à mon bon désir… Je vais monter la garde, tu as intérêt à t’en sortir.

Son dernier avertissement m’arracha un soupir : j’avais presque oublié que j’étais en pleine course contre la montre, me laissant charmer par les attraits touristiques de l’île-tortue. Ce qui allait suivre n’était pas beau à voir, mais il fallait surtout que je trouve quelque chose pour me prémunir de mon ressenti… M’opérer moi-même était une chose, mais la douleur m’empêcherait à coup sûr d’agir si je n’y remédiais pas. Heureusement, j’avais plus d’un tour dans mon sac. Je joignis les mains pour composer une nouvelle fois quelques mudras, puis je plaquai ma main droite au sol - et depuis ce maudit futon, je n’eus pas à me forcer. Une pile de glace apparut au point d’impact, et celle-ci se métamorphosa peu à peu pour s’accaparer mes traits.

- Cette île… regorge de ressources. Il y a des plants… de pavot, au nord d’ici. Et un point d’eau un peu plus à l’est.

Mon clone se mit aussitôt en marche. Je le vis s’extraire par le trou béant dans le mur, puis je m’allongeai sur le dos, observant les sillons endommagés du plafond. Cette tour avait fait son temps, tout comme le monde shinobi… Mon esprit vaqua à ses pérégrinations, tentant alors d’oublier la saisissante douleur qui l’animait.

~

Il était là, allongé sur moi. La chaleur étouffante planta inexorablement le contexte dans le désert. Tourner le regard vers la terrasse me confirma que je me trouvais au sommet de la tour du Kazekage. Il m’arracha un voluptueux baiser dans le cou, celui qu’un amant offre à sa douce pour lui faire oublier tous ses soucis. Et on pouvait dire que c’était efficace : la fougue de mon âme soeur se faisait de plus en plus manifeste, éveillant en moi un certain plaisir… un plaisir coupable. Notre sang était semblable, mais pas assez pour éveiller un jugement social. Cela dit, nous nous plaisions à nous considérer comme des cousins. Cette tension charnelle était-elle fautive ? D’un coup d’un seul, en guise de réponse à cette profonde interrogation intérieure, une aura orangée apparut derrière Naeko et le transperça de part en part, laissant son sang glisser sur ma poitrine dénudée. Prise de panique, j’émis un hurlement d’horreur pour témoigner de mon impuissance. Ses yeux dans lesquels brillait naguère une flamme intense ne laissaient paraître que la vacuité de son âme. Il n’était plus là…

~

Je me redressai d’un coup d’un seul, entendant presque mon propre cri vibrer dans les tréfonds de ma conscience. Le souffle haletant, je gémis de plus belle lorsque la douleur frappa de nouveau à la porte. Heureuse coïncidence, c’est mon clone qui foula la brisure de la tour à l’instant suivant. Il posa une gourde à mon chevet avant de se mettre à fouiller les armoires en bois qui survivaient tant bien que mal dans l’obscurité de l’architecture vacillante. Jetant presque avec mépris ce qui ne l’intéressait pas, il mit une poignée de secondes à mettre la main sur un mortier dans lequel il s’empressa de broyer le pavot, parvenant vite à une texture de mélasse peu ragoûtante. Je lui ordonnai tacitement de me ramener la mixture, de m’apporter un miroir poussiéreux qui traînait sur une étagère d’autant plus poussiéreuse, puis d’aller monter la garde - je n’avais plus particulièrement besoin de lui, alors autant le rendre utile jusqu’à ce qu’il fonde de lui-même. La suite était beaucoup trop délicate pour la confier à un clone sans âme, de quoi me donner des idées pour une nouvelle technique liée à mes pupilles… J’aviserai à ce sujet lorsque je serai totalement remise. D’ici là, chaque seconde comptait : je m’emparai du mortier avant d’y glisser son contenu dans ma gorge. Je savais bien que le goût du pavot était trop ignoble pour le mâcher ou même le garder en bouche, je décidai donc de déglutir sans me poser de question.

Au bout de cinq minutes pendant lesquelles je parvins miraculeusement à laisser mon esprit se reposer, je fis apparaître un scalpel de chakra et je vins me caresser subtilement le coin supérieur droit de l’abdomen. Arrgh… La douleur était encore trop tenace. Je décidai d’attendre cinq minutes de plus afin de laisser l’anesthésiant faire effet. Je réitérai l’opération à ce moment et le contact entre mon chakra et ma chair ne me poussa qu’à serrer légèrement les dents : les choses sérieuses commençaient. Il n’était pas recommandé de rester conscient pour ce genre de manipulation, mais je n’avais vraisemblablement pas le choix, à moins qu’un médecin ne se cache dans le trou du cul du monde qu’était devenue l’île-tortue. Je procédai donc à une précise incision, ce qui ne manqua pas de faire couler mon sang à flot. C’était le prix à payer pour accéder à mon foie. Je suais à grosses gouttes, incapable de déterminer si cela venait de ma fièvre, du stress engendré par cette situation assurément risquée ou un peu des deux. Désactivant mon scalpel lorsque l’entaille fut assez profonde, j’approchai le miroir de la plaie béante afin d’être sûre de voir ce que je faisais à partir de cette étape décisive. Je glissai mon index et mon majeur droits à l’intérieur afin de les approcher de mon organe hépatique, puis j’activai de nouveau mon scalpel uniquement au bout de ces deux extrémités. Je m’aidai du reflet projeté sur la glace pour me guider, tranchant de manière chirurgicale toute la partie noircie de mon foie. Je fis léviter les copeaux nécrosés en dehors de mon organisme, les posant arbitrairement dans le mortier vide. Je parvins alors à la dernière étape : revitaliser mon organe. Une main divine aurait été d’un grand secours, mais je me contentai de mon état de simple femme en allumant une aura verte purificatrice.

Quelques minutes plus tard, mon foie était comme neuf. J’extirpai mes doigts encore porteurs de ladite aura, puis je l’utilisai afin de refermer la plaie, ne laissant derrière elle qu’une cicatrice boursouflée. La gourde se leva dans les airs et se renversa après mon passage, précipitant un important volume de vapeur d’eau au contact de ma chair tout juste réparée. Je me saisis du récipient lorsque j’eus fini de rafraîchir les traces de l’opération et je la vidai de son contenu, épuisée par cette manipulation éprouvante physiquement et psychologiquement. Il ne me fallut pas plus d’une minute pour m’écrouler de fatigue, baignant encore dans mon propre sang.
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Yumi Esuki
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MessageSujet: Re: Entrevue avec l'au-delà   Entrevue avec l'au-delà EmptyMer 30 Aoû - 18:22

Alors que les rayons de notre étoile dansaient déjà à l’horizon lors de notre arrivée sur l’île, leur incandescence rouge-orange avait cédé la place à une vive lumière blanche à mon réveil. Curieusement, je n’avais pas rêvé. Du moins, je ne m’en souvenais pas. Et pour que ça me marque autant, c’était bien inhabituel… Il faut dire que je n’avais pas vraiment l’esprit en paix ces derniers temps. Entre ces histoires de culte, la maladie et Naeko, toutes les raisons étaient bonnes pour hanter mes nuits. Peu importe, je devais me concentrer sur ce qui était là, ce qui était réel. Une paire de cauchemars n’allait pas m’empêcher de vivre ma vie, ça non… En revanche ce qui la menaçait en ce moment-même, c’était cette maudite maladie. Le genre d’opération que j’avais pratiqué la veille retarderait le mal qui sommeillait en moi, mais il ne l’affaiblirait jamais. Ma stratégie était-elle vraiment judicieuse ? En me levant, non sans mal, de mon futon ensanglanté, je passai la main sur mon précieux collier. Mon irrépressible envie de tous les réunir m’interdisait presque de mourir, mais je devais admettre que je me trouvais dans une impasse : je ne pouvais rejoindre le culte sans faillir à mes convictions et je n’avais pas les moyens de m’investir dans la fabrication d’un remède, alors même que des dizaines de médecin surqualifiés n’y parvenaient pas… à moins que les villages ninjas ne cachent en réalité la découverte d’un antidote, ce qui serait terriblement horrible de leur part, mais qui faciliterait grandement mes plans futurs.

La seule solution était donc de placer ma vie entre les mains de Naeko… Après tout, sa relation avec Yumi allait forcément l’attirer jusqu’à moi, donc je n’avais pas risqué grand chose en faisant ce pari. Mais tout de même : ne pas être maître de mon destin m’était très inconfortable.


- Comment m’occuper en attendant mon prince charmant ? me chuchotai-je à moi-même, fatiguée de trop réfléchir sans exprimer ma pensée.

- Pourquoi pas t’entraîner ?

Je sursautai en entendant la voix de Futeki. Me retournant vers l’extérieur, je vis mon clone de glace équipé des ailes habituellement accolées à mon propre dos. Une bouche s’était dessinée entre les écailles noires qui les composaient.

- Tu veux que j’ai une crise cardiaque ? Pff… Je vois que TOI, tu n'as pas de mal à te divertir, dès que j’ai le dos tourné tu fonces t’agripper à des filles moins bavardes.

Le phoenix ne put étouffer son rire.

- Me voilà rassuré… Tu as l’air plus en forme qu’hier, du moins assez en forme pour faire de mauvaises blagues. Ceci étant dit, ça fait un moment que tu ne t’es pas dégourdi les jambes, et ça s’est vu pendant ton combat contre ces Kirijins… Fut une époque où tu les aurais tous alignés un à un.

- Je ne sais pas trop comment interpréter ton mensonge… De la flatterie maladroite ou un protectionnisme attendrissant ?

- Mon mensonge ?

- Eh bien… Tu ne m’avais jamais réellement vue combattre avant ça. Comment peux-tu penser que j’étais plus en forme par le passé ?

Les lèvres de glace restèrent littéralement bouche bée, à croire que Futeki oubliait que je n’avais pas passé toute ma vie avec lui. Le Shimogan me permettait-il également de transmettre ma mémoire ? Quoi qu’il en soit, il n’avait pas tout à fait tort. Ces gamins de la brume avaient bien failli m’avoir, et je ne serais plus là pour en discuter avec mon animal de compagnie si Soufuku et Tsubaki n’étaient pas intervenus. Pourquoi pas me replonger dans mon répertoire de techniques ? Mes combos étaient intéressants, mais pour une reine des neiges, ils dépendaient bien trop du corps-à-corps. Comment y remédier ? Je m’avançai vers la sortie, doublant par la même occasion mon clone. Futeki comprit que j’avais envie de descendre, alors il s’accrocha à moi sans demander son reste.

Quelques instants plus tard, je mis pied à terre, prête à poursuivre ma réflexion. Je repensai en particulier à un de mes enchaînements : ma tempête de neige combinée à mes esprits maudits. La logique derrière cette offensive était implacablement mortelle, pourtant les techniques étaient assez faiblardes individuellement. Peut-être devais-je commencer par créer une tempête de neige d’une plus grande ampleur ? J’exécutai alors une série de mudras, invoquant tour à tour mon chakra Hyôton et mon chakra Fuuton. Sans mal, j’exécutai la technique que je connaissais déjà. Cependant, les précipitations étaient trop lentes… la neige trop inconsistante… la taille du rayon d’action insuffisante… Sublimer cette technique qui combinait déjà subtilement deux natures de chakra n’allait pas être de tout repos, mais c’était le prix à payer pour avoir un style de combat versatile. Le soleil défila dans le ciel alors que je répétais l’opération, en vain : chacune de mes tempêtes de neige était effectivement plus impressionnante que la précédente, mais cela n’avançait pas assez vite à mon goût…


- Tu devrais peut-être entraîner ton Fuuton individuellement avant de te démener à le combiner de manière sophistiquée, non !? cria Futeki depuis son promontoire improvisé, à savoir le toit de la tour aux pieds de laquelle je m’entraînais.

- J’ai passé l’âge de faire des échauffements de genin ! À trente-neuf ans on fait des techniques comme une grande personne ! Et je n’ai pas besoin de tes conseils, vil piaf ! commençai-je en hurlant, une pointe de rage dans ma voix. Je n’ai besoin des conseils de personne… repris-je en murmurant, comme si j’avais besoin de m’en convaincre.

J’entendis subitement les paroles de quelqu’un d’autre. D’abord, je crus que Futeki s’était approché, alors je me retournai dans sa direction. Mais il était toujours là, à se gratter le bout de l’aile avec son bec aussi gigantesque qu’une colline. Cette voix… C’était comme si elle chantonnait. Il me fallut quelques instants de plus avant de comprendre que cette voix, c’était la mienne. Pourtant, mon phoenix ne l’entendait pas, j’en avais l’intime conviction.


«Donne vie à la neige.»

ELLE ? Dans MA tête ? Non, c’était impossible. Tout bonnement impossible, incroyable, in-… Je mis de côté ma frustration, repensant à son message. Donner vie à la neige ? Oui, ça avait du sens… Si celle-ci était animée, elle pourrait elle-même se précipiter au sol et s’étendre bien au-delà des limites auxquelles mon Fuuton pouvait la transporter. Il ne me fallut pas plus d’une seconde pour faire rayonner mes pupilles, faisant disparaître leur teinte grise pour s’accommoder d’un bleu plus éclatant que celui du ciel.

- Shimogan : Taifuu no Me. prononçai-je simplement, d’un ton qui témoignait de la confiance que j’avais en cette méthode.

Taifuu no Me, l’oeil du cyclone. C’était littéralement le spectacle qui s’offrait à moi : de la neige sombre s’abattait violemment tout autour de moi. De ma position, impossible de savoir jusqu’où elle s’étendait. Peut-être recouvrait-elle l’île-tortue tout entière ? Mes jambes furent vite recouvertes, ce qui me valut un certain effort pour en sortir. Lorsque ce chaos prit fin, il fut remplacé par quelques flocons résistants. Je me trouvais là, au beau milieu de cette étendue aussi noire que la nuit, souriant en coin, assurément satisfaite du résultat. À quelques mètres de moi, un chêne dont on ne pouvait plus voir le bas du tronc. J’élançai mon bras dans sa direction et refermai mes doigts au creux de ma paume, comme si j’étais capable de le broyer à distance. Aussitôt pensé, aussitôt fait : se mouvant d’elle-même, la neige au sol recouvrit l’arbre intégralement avant de l’engloutir en son sein, déchirant ses racines pour le faire disparaître dans ce terrifiant amas de fraîcheur. Je ne pus m’empêcher de laisser filtrer un rire un poil machiavélique, versant de plus en plus dans le mauvais cliché du méchant lambda. Lorsque je me repris, je tombai à genoux, posant mes mains dans cette immensité que j’avais moi-même façonnée. Mon effondrement était-il dû à la fatigue ou à mon désarroi ? Je ne saurais le dire moi-même…


- Qu’est-ce qui m’arrive ..?

Cette interrogation marquée de désolation fut ponctuée par la chute d’une larme. Une unique larme dans cet océan de noirceur.
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MessageSujet: Re: Entrevue avec l'au-delà   Entrevue avec l'au-delà EmptySam 2 Sep - 11:48

Mes genoux avaient tressailli sous le poids de mon tourment : face contre terre, ou plutôt face contre neige, je demeurais allongée, sentant mon corps et mon coeur palpiter à cause du froid. Tant de questions se bousculaient en mon sein, des questions auxquelles il m’était impossible de trouver réponse. Lorsqu’il se rendit compte de mon état, à la frontière entre une torpeur soporifique et une dépression assumée, Futeki fendit les airs pour venir se poser à ma hauteur. Je ne vacillai pas au moment de la secousse générée par son atterrissage : même les plus terrifiants aléas de la nature ne suffiraient pas à me défaire de cette inébranlable morosité.

- Ta technique a l’air d’être fonctionnelle, tu sais… Pas besoin de te plier en quatre, nous assurons déjà tes arrières en combat. Tu veux que je t’emmène plus haut pour te reposer ? demanda-t-il d’un ton empreint d’inquiétude, faisant allusion au futon taché de sang que j’avais laissé pour compte au sommet de la tour.

Je dus faire un effort démesuré pour plaquer mes paumes contre la neige noire et m’appuyer sur celles-ci pour me redresser. De nouveau à genoux, dos à mon phoenix, je fixai l’horizon à la recherche de la limite de ma tempête de neige.


- Mon corps est en pleine forme, merci de t’en soucier… C’est mon esprit qui peine à se relever.

Probablement pas habitué à m’entendre prononcer des assertions si profondes, je compris par son silence que Futeki était mal à l’aise. Je ne pouvais lui en tenir rigueur : comment pouvait-il m’aider à surmonter un problème qu’il ne pouvait pas comprendre ? Après tout, il n’était qu’un amas de glace, sculpté arbitrairement et doué de parole pour me faire la conversation. Cette fois-ci, j’étais la seule à pouvoir m’aider. Passant une main dans mes cheveux pour me recoiffer sommairement, je pris le temps de réfléchir aux options permises par mon environnement. Un réflexe cartésien, certes, mais inutile lorsqu’il s’agissait d’une lutte intérieure… Une lutte intérieure… Cette expression résonna en moi, bondissant d’un neurone à un autre, comme si elle cherchait désespérément à s’accrocher à un repère. Lorsque la jonction fut mise en place, j’écarquillai les yeux de stupeur.

- Naeko ne tardera pas à arriver, envole-toi donc vers les sommets, j’ai besoin de tes qualités d’éclaireur.

- Tu as l’air d’avoir une idée derrière la tête… Tu désires que je t’emmène quelque part ?

- Non. C’est important que je m’y rende seule.

Sans poser davantage de questions, Futeki rejoignit le ciel. Bien que près des côtes de Kaminari, l’île-tortue était à quelques lieues de la terre ferme. De fait, un voyageur qui souhaiterait s’y rendre passerait nécessairement par la mer ou par les airs, faisant de lui-même une cible facile à repérer de loin, encore plus pour le regard perçant de l’oiseau du grand nord, Kita no Houou. Lorsque ses ailes furent trop éloignées pour que je puisse entendre leur battement périodique, je baissai les yeux vers le glacial pelage noir qui jonchait la terre, pleine de doutes. Posant une main au sol, je me fondis dans la neige, disparaissant complètement en un clin d’oeil. L’espace d’un instant, il n’y avait plus aucune trace de Yumi Esuki sur cette planète… Peut-être était-ce mieux ainsi ? Peut-être que le Yuukan ne méritait pas de voir naître le Chaos de ma propre main ? Des pensées si intangibles ne m’étaient pas venues à l’esprit depuis ma fuite de Suna. Lorsque mes pupilles avaient fait de moi une nouvelle personne, je m’étais jurée de toujours être sûre de mes actions, sûre de mon avenir, sûre de moi. Cette année décisive m’avait pourtant vue tourner en rond, bondissant de province en province, cherchant résolument un repère à l’instar du souvenir fugace qui m’avait offert une piste pour résoudre l’énigme de ma vie.

J’émergeai hors de la neige dans un décor que je ne connaissais que trop bien. Ma technique s’était donc bel et bien étendue jusque là… Tout portait à croire que mon subconscient voulait m’y amener, autant dans le choix du lieu de rendez-vous avec Naeko que dans la technique que j’avais choisi d’apprendre. Sublimée par l’écoulement apaisant de l’eau, cette façade parsemée de lianes montantes rayonnait de par son gigantisme. Alors que les environs étaient parsemés d’obscurs flocons, dont le rebord sur lequel je me tenais, la surface de l’eau était aussi limpide que celle qui se précipitait hors de la source, elle-même située au sommet de la cascade. Confiante, les traits de mon visage étaient plus lisses que jamais : j’étais déjà venue ici, je savais ce qu’il me restait à faire. Je fis quelques pas en avant, traversant la moitié du bassin pour venir m’assoir en tailleur sur une parcelle de terre au beau milieu du point d’eau. L’ambiance était propice à la quiétude, ce qui me permit, en fermant les yeux, de rapidement trouver le calme dont j’avais besoin.


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J’eus l’impression qu’une seule seconde s’était écoulée, en réalité j’avais dû rester dans cette position pendant de longues minutes, jusqu’à ce que… Je sentis mon coeur se frayer un chemin hors de ma poitrine puis se faire violemment arracher vers l’extérieur. Néanmoins, cette impression fut éphémère : mon organe vital était vite revenu se blottir à sa place habituelle. Pourtant, mon intuition me poussa à croire qu’il était au moins à demi moins lourd qu’à l’accoutumée, comme si une partie n’était jamais vraiment revenue en moi. Mon cerveau me jouait-il des tours, ou bien était-ce une étape impérative que devait franchir quiconque s’évertuait à affronter les Chutes de la Vérité ? Incapable de rester concentrée après de telles sensations, je décidai d’ouvrir les yeux, presque prête à jeter l’éponge.

Lorsque je revins à la réalité, ou plutôt à ce qui semblait réel, je fus décontenancée en remarquant que mon environnement avait été chamboulé : exit le rassurant cliquetis de l’eau qui s’affalait sur une étendue similaire, je me trouvais au beau milieu d’un espace plus sombre qu’une ombre, à se demander comment j’étais capable de discerner la moindre chose dans l’obscurité ambiante. Il me fallut quelques instants avant de réaliser que tout n’était pas si noir… à quelques mètres devant s’étendait l’espace le plus lumineux qu’il m’ait été donné d’entrevoir. Un détail présent depuis le début devint nettement plus évident avec cette apparition : tandis qu’une impitoyable neige noire s’abattait dans la lumière qui me faisait face, une délicate nuée de flocons blancs s’écoulait dans la pénombre qui m’entourait. Alors que je pensais que le temps était une substance inconnue en ces terres du clair-obscur, je réalisai que tout ce que je voyais survenait petit à petit, comme si ces événements marquaient une progression logique. Et l’apparition finale vint confirmer cette idée : au centre du cercle plus blanc que blanc, une silhouette prit peu à peu forme. J’aurais pu la reconnaître entre mille, pour la simple et bonne raison que c’était la mienne. Elle était là.


- Bonjour, usurpatrice. Je suis ravie de constater que tu as franchi le pas en te rendant ici. Ou plutôt devrais-je affirmer que je suis satisfaite que tu aies suivi mes murmures sans même t’en rendre compte.

- Toi… Alors c’était donc ça. Toutes ces interrogations, toutes ces incertitudes, tous ces doutes, c’était ta petite voix dans ma tête ! Mais tu as fait ton temps, ma vieille. Alors qu’est-ce que t’espérais en m’amenant ici ?

- Une confrontation. Pour y être enfermée depuis si longtemps, je crois avoir compris les objectifs qui marquent ton esprit. Le Chaos, n’est-ce pas ?

Au fur et à mesure que Yumi poursuivait son discours, fignolant ses mots pour en faire de pénibles poids emballés dans un ruban coloré, je sentais une haine bouillonner en moi.

- La violence de tes actions n’engendrera aucune satisfaction. Vois plutôt où tu en es arrivée : un an à errer sans te soucier des conséquences de tes actes, et au fond de toi tu es toujours aussi vide. Toute cette haine, ce n’est qu’une manière de faussement compenser la frustration engendrée par nos échecs… non… par mes échecs.

Son discours perforait le champ de ma conscience, m’amenant à remettre en question toutes mes convictions profondes. Je baissai les yeux tout en fronçant les sourcils. Ce flot de colère qui me submergeait, il ne venait pas de moi… Alors que je n’avais même pas remarqué sa présence, mon pendentif commença à rayonner d’une lueur orange, devenant ensuite de plus en plus lourd à porter.

- Contiens cette rage qui n’est pas tienne, délivre-toi de son influence. Tu es plus forte que ça, nous sommes plus fortes que ça.

Serrant les poings, ne sachant trop comment réagir face à ces paroles qui ruisselaient sur ma peau, je me rendis compte que celle-ci ne m’appartenait plus vraiment. Je me voyais, mais je ne contrôlais plus mes actes. Il me fallut un instant de plus pour réaliser que j’étais recouverte d’une épaisse fourrure de la même couleur que le soleil à son coucher. Il était trop tard. Une queue émergea dans mon dos, déchirant mon être pour sortir de mon coccyx. Incapable de savoir si celle-ci était réelle ou composée de chakra, je me laissai aller, lui offrant le total contrôle. Je n’avais plus besoin d’écouter ces insanités auxquelles j’étais imperméable. Je pouvais enfin m’assumer. Je pouvais être moi, et personne d’autre. Toute trace d’humanité avait disparu de mon enveloppe corporelle, ce qui ne laissait plus le moindre doute sur l’être qui était aux commandes : Kurama. Le démon renard à neuf queues s’élança vers Yumi, tentant de lui asséner un coup de griffe ravageur. Mais celle-ci était pleine de répondant : elle s’insinua dans la neige noire qui recouvrait le sol et se reconstitua à partir de la plus blanche. Ne parvenant pas à réprimer son élan, Kyûbi détruisit de sa patte un arbre planté dans le décor que je n’avais pas encore aperçu. Les positions étaient désormais inversées : ce qui restait de moi se situait dans la lumière, tandis que Yumi peinait à survivre dans l’obscurité. Elle était en difficulté, mais elle ne baissa pas les bras : sans jamais chercher à rendre les coups qu’on tentait de lui asséner, elle poursuivit son discours tout en esquivant chacun des assauts du bijuu.

- Pense à tous ceux qui souffrent à cause de nous, Yumi.

C’était la première fois qu’elle le prononçait, et j’étais tout bonnement incapable d’affilier ce prénom à mon existence. Elle entama une énumération, et chacune de ses propositions était marquée par une offensive du renard suivie d’une de ses esquives. Incapable de résorber son courroux, Kurama ravageait un nouvel élément du décor à chaque fois qu’il manquait sa cible, puis une nouvelle queue apparaissait.

- Tous ces Sunajins que nous avons abandonnés… Deux queues. Cette pauvre enfant Iwajin, Mitsubachi, à qui nous avons proféré d’odieux mensonges. Trois queues. Cet Uchiha, Takahao, que tu considères ni plus ni moins comme ton chien… Quatre queues. Le danger dans lequel tu viens de jeter Soufuku, un ami de longue date, un allié irremplaçable… Cinq queues. Et enfin, les montagnes russes émotionnelles que tu fais subir à Naeko… MON Naeko !

Six queues. Cette fois-ci, que ce soit à cause de son épanchement sentimental lorsqu’elle pensa à son âme soeur ou parce que ses réserves de chakra étaient vides, Yumi ne parvint pas à se synchroniser dans la neige pour se mettre hors de danger. Affichant un regard noir et un sourire carnassier, Kurama emprisonna la Kyûdaime Kazekage dans sa patte, la lacérant de ses griffes tout en la serrant de plus en plus fort. Très vite, la pression fut insoutenable et la colombe blanche fut transpercée de part en part, laissant couler à flot son sang sur la fourrure du démon. Ce dernier ne s’arrêta pas en si bon chemin : il leva haut sa patte dans le ciel et la plaqua au sol, déchaînant un tremblement d’une magnitude inégalée. Cette dernière estoc vint créer une scission nette et précise entre la partie lumineuse et la partie ténébreuse de cette mystérieuse peinture, un terrible gouffre qui absorbait tout ce qui se trouvait à sa portée. Déchaînant sa voix en un glapissement audible en tout lieu de ce monde dualiste, Kyûbi fut happé dans ce précipice.

Me relevant subitement, comme si j’étais prise d’un spasme, j’eus besoin d’un certain moment d’adaptation pour revenir à moi. Je contemplais les chutes, ce havre de paix qui, d’après la légende, permettait d’accéder à une paix intérieure en se livrant à un combat contre soi-même, mais je n’entendais pas le moindre son, comme si mes tympans se remettaient difficilement de ce cri strident… Dessinant sur mon visage un sourire sincère, je posai ma main droite sur le pendentif qui trônait sur ma poitrine, puis je le caressai de bas en haut, fascinée par le moindre détail de sa surface presque parfaitement lisse.


- Je t’attends, Naeko.



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